Le Vietnam s’apprête à lancer officiellement sa Bourse nationale du carbone en mai, une étape clé dans les efforts du pays pour mettre en place un mécanisme de marché permettant d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre et de fixer le prix du carbone.
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| Reboisement à Dà Nang (Centre). |
| Photo : VNA/CVN |
Le calendrier a été confirmé lors d’une conférence sur la mise en œuvre du cadre juridique et des directives opérationnelles de la Bourse du carbone, organisée par la Commission nationale des valeurs mobilières le 30 mars.
Ce lancement fait suite à la publication par le gouvernement du décret n°19/2026/ND-CP, qui établit le cadre réglementaire de la plateforme nationale d’échange de quotas d’émission de carbone.
Selon les autorités, cette plateforme facilitera les échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre et de crédits carbone, créant ainsi un marché centralisé destiné à favoriser la formation des prix et à renforcer la transparence.
Elle sera gérée par des institutions du secteur des valeurs mobilières, qui s’appuieront sur les infrastructures et l’expertise technique existantes pour accélérer sa mise en œuvre et garantir son efficacité opérationnelle.
Dans le cadre de ce nouveau dispositif, le Service des transactions boursières de Hanoï (HNX) sera chargé de la gestion du marché du carbone, tandis que la Société vietnamienne de dépôt et de compensation de titres (VSDC) assurera les services de conservation et de règlement des instruments négociés.
Cette intégration à l’écosystème des valeurs mobilières vise à optimiser les capacités technologiques et les ressources humaines, tout en réduisant les coûts et en accélérant la préparation du lancement sur le marché.
Les autorités ont souligné que l’alignement de la bourse du carbone sur les institutions financières établies contribuera à garantir un environnement commercial transparent, équitable et sécurisé. Ce modèle centralisé devrait faciliter l’exécution efficace des transactions tout en maintenant la supervision et le contrôle réglementaire.
Lors de la conférence, Dô Thanh Lâm, représentant du département juridique du ministère des Finances, a déclaré que la bourse du carbone vise à établir un mécanisme de tarification efficace et un système d’échange transparent et équitable, et à offrir des incitations économiques à la réduction des émissions et à l’investissement dans les technologies respectueuses de l’environnement.
Parallèlement, le Département du changement climatique du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a annoncé que la phase pilote attribuera des quotas d’émission à 110 grands émetteurs de secteurs tels que la sidérurgie, la cimenterie et l’énergie thermique.
Des quotas seront attribués aux entreprises, a précisé Nguyên Thành Công, chef adjoint de la Division du marché du carbone au sein du Département du changement climatique. Si elles dépassent leur quota, elles devront acheter des quotas supplémentaires, ce qui implique un coût. En revanche, si elles réduisent leurs émissions ou réalisent des économies d’énergie, elles pourront vendre leurs quotas excédentaires.
Les instruments négociables sur la plateforme incluront à la fois des quotas d’émission et des crédits carbone. Les crédits carbone sont des certificats représentant le droit d’émettre une tonne de CO₂ ou d’équivalent CO₂ (tCO₂e) et sont émis pour refléter les réductions d’émissions résultant d’activités d’atténuation vérifiées. Les participants détenteurs de crédits peuvent les échanger sur le marché.
Des experts ont souligné le potentiel du Vietnam en matière d’offre de crédits carbone, notamment grâce à l’agriculture et à la sylviculture. Le pays dispose d’un potentiel important dans ce domaine. Le seul secteur agricole pourrait générer jusqu’à 57 millions de crédits par an.
Le Vietnam possède une expérience du marché volontaire du carbone et a réalisé plusieurs transactions ces dernières années, obtenant près de 60 millions de dollars américains de recettes grâce à la vente de crédits carbone via différents programmes.
Le Programme de biogaz dans le secteur de l’élevage a permis la construction de plus de 181.000 digesteurs de biogaz à travers le pays, bénéficiant à environ un million de ménages ruraux et générant plus de 3 millions de crédits carbone, pour un montant de 8,1 millions de dollars.
En 2023, le secteur de la sylviculture a vendu 10,3 millions de crédits carbone forestiers par l’intermédiaire de la Banque mondiale, récoltant ainsi environ 51,5 millions de dollars.
VNA/CVN



