Le 39e sommet de l’Union africaine, tenu en février 2026, met en lumière un contraste persistant : des ambitions affirmées, mais une mise en œuvre encore fragile.
Organisé dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et des tensions politiques, ce rendez-vous continental a placé au cœur des débats la paix, la sécurité et le développement durable, malgré un thème officiel axé sur l’accès à l’eau et à l’assainissement dans le cadre de l’Agenda 2063.
Selon l’expert Ibrahim Sawadogo, les chefs d’État ont réaffirmé leur rejet des changements anticonstitutionnels. Cependant, il souligne que l’efficacité de ces engagements dépendra de leur application concrète sur le terrain.
Le sommet a également relancé le débat sur le financement des opérations de paix. L’UA reste fortement dépendante de partenaires extérieurs, une situation qui limite son autonomie stratégique. À ce jour, seuls 17 États membres appliquent la taxe de 0,2 % censée renforcer les ressources propres de l’organisation.
D’autres obstacles persistent. Le respect strict de la souveraineté nationale et le rôle des organisations régionales freinent parfois l’exécution des décisions. Cette réalité complique la gestion des crises, notamment dans le Sahel, où l’UA est appelée à jouer un rôle de médiateur face à des initiatives comme l’Alliance des États du Sahel.
Sur le plan économique, la validation de la nouvelle architecture financière africaine, soutenue par la Banque africaine de développement, apparaît comme un levier pour renforcer la mobilisation des ressources internes.
Au final, le sommet confirme les grandes orientations stratégiques du continent. Mais pour les observateurs, l’enjeu principal reste la crédibilité de l’action de l’UA. Celle-ci dépendra de sa capacité à financer ses missions, à prévenir les conflits et à garantir la stabilité institutionnelle dans ses États membres.



