ONU – reconnaissance de la traite transatlantique comme le plus grave crime contre l’humanité : le Bénin justifie son absence au vote et réaffirme son engagement

 

Le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a clarifié,ce lundi trente mars, la position du pays suite à son absence remarquée lors du vote d’une résolution majeure à l’Organisation des Nations unies. Le gouvernement Talon II reconnaît un dysfonctionnement administratif, tout en réaffirmant son soutien total au texte adopté. En effet, le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique portée notamment par le Ghana. Ce texte reconnaît la traite transatlantique des esclaves comme le plus grave crime contre l’humanité. Il s’inscrit dans une initiative défendue par le président ghanéen John Mahama, visant la reconnaissance des souffrances historiques et l’ouverture vers une justice réparatrice.

Le ministre rappelle que le Bénin a activement participé à l’élaboration de cette résolution. Le pays en est co-sponsor, aux côtés de plusieurs États africains. Cette implication traduit, selon lui, la position constante du Bénin sur la question mémorielle. Le gouvernement souligne que la mémoire de la traite transatlantique constitue un pilier de sa politique publique. Des actions concrètes sont menées, notamment la valorisation de sites historiques comme la Porte du non-retour à Ouidah. À cela s’ajoute l’adoption d’une loi en juillet 2024 accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine, dans une logique de reconnaissance.

Concernant l’absence au vote, le ministre évoque un problème administratif survenu en pleine période de campagne électorale. Faute d’instructions formelles transmises à temps au représentant permanent à l’Organisation des Nations unies, le Bénin n’a pas pu prendre part au scrutin.

Dès le lendemain, les autorités ont toutefois notifié officiellement leur position. Le pays a exprimé, conformément aux procédures en vigueur, un vote favorable à la résolution, enregistrant ainsi son adhésion après coup. Le ministre assume cette situation tout en appelant à considérer l’ensemble des actions du Bénin. Il insiste sur la continuité de l’engagement du pays en faveur de la mémoire de l’esclavage et du combat contre l’oubli. Le gouvernement béninois réaffirme enfin sa détermination à porter la voix des peuples africains et afrodescendants sur la scène internationale, et à œuvrer pour que cette page sombre de l’histoire ne soit jamais reléguée au second plan.

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