Présidentielle du 12 avril – Projet de société de Paul Hounkpe : éducation, transport, cadre de vie, administration, gouvernance, liberté de presse…, les constats et propositions de l’ancien ministre 

En République du Bénin, le candidat de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), Paul Hounkpe, propose un projet de société articulé autour d’un objectif central : rebâtir l’État et améliorer les conditions de vie des populations. Le document, conçu comme une réponse aux défis actuels du pays, dresse un diagnostic sévère de la gouvernance récente et avance une série de réformes couvrant l’ensemble des secteurs clés.

 

 

Le projet s’inscrit dans une vision globale. Il ambitionne de faire du Bénin, d’ici 2033, un État de droit, démocratique, attractif et capable de réduire durablement le chômage et la pauvreté. Mais au-delà des ambitions, c’est surtout la lecture critique de la situation actuelle qui structure l’ensemble des propositions.

 

Dans le domaine de l’éducation, le constat est celui d’un système fragilisé. Mauvaise gestion des enseignants, insuffisance d’infrastructures, programmes inadaptés et déconnexion avec le marché de l’emploi sont au cœur des critiques. Le projet prévoit une réforme en profondeur, avec l’intégration des enseignants contractuels dans la fonction publique, la construction d’infrastructures et la révision des programmes pour mieux répondre aux besoins économiques.

 

Le secteur de la santé n’échappe pas à cette analyse critique. Le document évoque une forte mortalité maternelle et infantile, un manque d’équipements et une couverture sanitaire insuffisante. Pour y faire face, il propose un renforcement du système de santé, une meilleure prise en charge des pathologies lourdes et un accès élargi aux soins pour les populations vulnérables.

 

Sur le plan économique, le projet dénonce une croissance jugée peu inclusive. Le pays reste dépendant des importations, avec un secteur informel dominant et un climat des affaires peu favorable. La réponse proposée repose sur la diversification de l’économie, la promotion du secteur privé et une meilleure intégration régionale. L’objectif est clair : créer de la richesse et la redistribuer de manière plus équitable.

 

L’industrialisation apparaît comme un levier majeur. Le projet met en avant la création de pôles de transformation agroalimentaire, la modernisation des industries existantes et le renforcement de l’offre énergétique. Il insiste également sur la nécessité de protéger les industries locales et de promouvoir la consommation des produits béninois.

 

Dans le secteur agricole, le document critique l’orientation vers la monoculture du coton. Il plaide pour une diversification des productions, une modernisation des techniques agricoles et un meilleur accès au financement pour les producteurs. La relance de structures comme l’ONASA est présentée comme un outil clé pour garantir la sécurité alimentaire.

 

Le projet accorde aussi une place importante à la jeunesse. Le chômage massif des jeunes est identifié comme une urgence nationale. Pour y répondre, le candidat propose la création de fonds dédiés à l’auto-emploi, le développement de formations en entrepreneuriat et la mise en place d’un institut national de la jeunesse.

 

Dans le domaine culturel et touristique, le potentiel est reconnu mais jugé sous-exploité. Le projet prévoit la valorisation des sites touristiques, la structuration du secteur culturel et la mise en place de mécanismes de financement pour les artistes et les artisans.

 

Sur le plan environnemental, les défis sont multiples. Érosion côtière, inondations, pollution et déforestation sont autant de menaces identifiées. Le projet propose des mesures de protection du littoral, de gestion des déchets et de planification urbaine pour préserver le cadre de vie.

 

Les questions institutionnelles occupent également une place centrale. Le projet décrit une crise démocratique marquée par un recul des libertés et une concentration du pouvoir. Il propose la formation d’un gouvernement d’union nationale, la relecture des textes électoraux et la restauration de la séparation des pouvoirs.

 

Dans le secteur de la justice, l’accent est mis sur l’indépendance. Le document critique une justice jugée politisée et propose des réformes visant à garantir son impartialité et son efficacité.

 

La sécurité est abordée sous l’angle des moyens et des conditions de travail des forces de défense. Le projet prévoit leur renforcement ainsi qu’une meilleure sécurisation des frontières.

 

En matière de diplomatie, le candidat déplore un recul de l’influence du Bénin et propose une redynamisation des relations internationales, avec un retour à une présence plus active sur la scène régionale et mondiale.

 

La décentralisation est également revisitée. Le projet met en avant la nécessité d’impliquer davantage les citoyens et de renforcer les capacités des collectivités locales pour améliorer la gouvernance.

 

Dans le secteur des médias, le document évoque un recul de la liberté de la presse et propose des mesures pour garantir un environnement plus favorable aux professionnels de l’information.

 

Le transport constitue un autre axe stratégique. Le projet prévoit la réhabilitation du réseau ferroviaire, le développement des infrastructures et une meilleure organisation des transports urbains.

 

Enfin, l’administration publique est appelée à se moderniser. Le projet propose de renforcer la motivation des agents, de lutter contre la corruption et d’améliorer la qualité des services publics.

 

Au total, le projet de société de Paul Hounkpe se présente comme une feuille de route globale. Il combine un diagnostic critique de la gouvernance actuelle avec une série de propositions visant à refonder l’État et relancer le développement.

 

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