La Cour administrative suprême de Pologne (NSA) a décidé vendredi 20 mars 2026 que les mariages homosexuels contractés dans d’autres pays membres de l’Union européenne doivent être reconnus par l’État polonais, une première historique pour les droits LGBT dans ce pays à forte tradition catholique.
L’affaire a été portée par deux Polonais, Jakub Cupriak-Trojan et son conjoint Mateusz Trojan, mariés à Berlin en 2018. En souhaitant s’installer en Pologne, ils s’étaient heurtés à un refus d’enregistrement à l’état civil de Varsovie, la Constitution polonaise définissant le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme.
La décision fait suite à un arrêt de la Cour de justice de l’UE en novembre 2025, précisant que les mariages homosexuels conclus dans un État membre doivent être reconnus dans l’ensemble de l’UE. Selon le juge Leszek Kirnaszek, la Constitution polonaise n’interdit pas une telle reconnaissance et les règles européennes garantissent le droit à la libre circulation tout en interdisant toute discrimination fondée sur le sexe ou l’orientation sexuelle.
Cette décision historique a été saluée comme « une fête des droits humains » par Pawel Knut, avocat du couple, et intervient dans un contexte où la Pologne reste l’un des rares pays européens à n’avoir ni mariage homosexuel ni unions civiles légalisés. Selon les organisations de défense des droits, entre 30 000 et 40 000 mariages de ce type ont été conclus par des citoyens polonais à l’étranger.
Le pays reste divisé sur la question : seulement 31 % des Polonais soutiennent l’introduction du mariage homosexuel, mais 62 % approuvent une forme de reconnaissance légale des unions entre personnes de même sexe, selon un sondage Ipsos.
Cette décision ouvre désormais la voie à une reconnaissance officielle des couples de même sexe mariés à l’étranger et pourrait constituer un tournant dans le cadre juridique et social polonais concernant les droits LGBTQ.



