Au moins 18 migrants africains, majoritairement d’origine congolaise, ont trouvé la mort en mer après avoir été déposés sur un banc de sable proche des côtes des Comores, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahamada Assoumani. Trois autres personnes sont portées disparues, tandis que 30 rescapés ont été secourus.
Selon les témoignages, les passeurs avaient laissé croire aux migrants qu’ils étaient arrivés à Mayotte, département français voisin. Parmi les victimes figurent deux enfants et deux Burundais. Les habitants de Mitsamiouli, ville côtière située à 40 km de la capitale Moroni, ont alerté les autorités après avoir entendu les cris de détresse des migrants. Les opérations de secours ont permis de repêcher 17 corps la nuit et le matin, et un 18e décès a été confirmé à l’hôpital.
Un survivant, âgé de 25 ans, a raconté son périple depuis le Nord-Kivu en RDC, traversant forêt et route jusqu’à Dar es Salaam en Tanzanie avant d’embarquer pour un voyage de sept jours sur un bateau où il manquait nourriture et eau.
Le représentant de l’ONU aux Comores, James Tsok Bot, a qualifié ces drames de « tragiques » et a dénoncé le caractère criminel de ces mouvements migratoires. Depuis plusieurs années, des migrants espérant rejoindre Mayotte arrivent régulièrement sur les côtes comoriennes, mais c’est la première fois que des corps sont repêchés.
Mayotte, devenue département français en 2011 après deux référendums en 1974 et 1976, attire de nombreux migrants de la région, notamment à cause de sa proximité géographique et de ses opportunités économiques.



