Le gouvernement de la Mauritanie a fermement rejeté les accusations émises par l’armée du Mali selon lesquelles deux militaires maliens, détenus par des groupes armés, se seraient échappés d’un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien.
Dans un communiqué officiel, les autorités de Nouakchott ont affirmé avoir pris connaissance « avec stupéfaction et indignation » des déclarations de l’État‑major général des Armées du Mali. Elles ont qualifié ces propos d’« accusations totalement infondées et profondément offensantes ».
Selon les autorités mauritaniennes, le camp de réfugiés de M’Berra accueille depuis près de trente ans des dizaines de milliers de réfugiés maliens et d’autres nationalités.
Le site est placé sous la supervision du Haut‑Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que de plusieurs organisations humanitaires internationales. Ces acteurs disposent d’un accès permanent au camp et assurent un suivi quotidien des conditions de sécurité et de vie des populations déplacées.
Les autorités mauritaniennes rappellent également que des responsables maliens ont déjà visité ce camp et salué auparavant le travail des services locaux et l’accueil des populations hôtes.
Nouakchott rejette toute insinuation selon laquelle des groupes terroristes pourraient détenir des personnes dans ce camp, estimant que ces accusations sont graves et contraires aux relations de coopération entre les deux pays.
Le gouvernement mauritanien appelle les autorités de Bamako à faire preuve de « rigueur dans leurs communications officielles » et à privilégier les canaux diplomatiques pour traiter les questions sensibles liées à la sécurité régionale.
De son côté, l’armée malienne affirme que deux soldats, Mohamed Wangaraba et Mahamed El Maouloud Diallo, capturés en octobre 2025 par des groupes armés, ont réussi à s’échapper dans la nuit du 13 au 14 mars 2026 avant de regagner le territoire malien.
Selon l’Forces armées maliennes (FAMa), les deux militaires ont été pris en charge à Goundam puis remis aux unités militaires. L’armée affirme que leur fuite a été facilitée par les opérations menées près de la frontière dans la zone de la forêt du Wagadou.
Par ailleurs, les autorités maliennes ont annoncé que le préfet du cercle de Dioïla, Alidji Bagna, enlevé en février, s’est lui aussi échappé de ses ravisseurs dans la région de Macina avant de rejoindre Tenenkou où il est actuellement pris en charge par l’armée.



