Le Sénat camerounais change de leadership. Aboubakary Abdoulaye, Lamido du Rey-Bouba et ancien premier vice-président de la chambre haute, a été élu président, succédant à Marcel Niat Njifenji, qui a dirigé l’institution depuis sa mise en place en 2013.
Marcel Niat Njifenji a marqué l’histoire du Sénat en en définissant les usages et protocoles pendant douze ans, faisant de son départ une étape symbolique dans la continuité institutionnelle. Simultanément, l’Assemblée nationale a élu Théodore Datouo à sa présidence, illustrant un renouvellement coordonné des deux chambres sous la direction du RDPC.
Aboubakary Abdoulaye est une figure rare du paysage politique camerounais, combinant pouvoir traditionnel et influence institutionnelle. Lamido depuis 2006, il règne sur 36 000 km² dans le Nord, chef de plusieurs groupes ethniques peuls, tout en occupant des fonctions étatiques depuis les années 1990, notamment au ministère de l’Agriculture et au Sénat depuis 2013.
Le Lamidat de Rey-Bouba, son fief, est un territoire autonome où l’autorité traditionnelle coexiste avec les structures de l’État. Le palais de Rey-Bouba, inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, symbolise ce pouvoir durable. Aboubakary Abdoulaye a consolidé son influence en reconnaissant les chefs traditionnels subordonnés et en présidant la campagne présidentielle du RDPC dans le Grand Nord.
Son élection à la présidence du Sénat est un prolongement logique de sa carrière. Déjà premier vice-président, il a acquis une expérience diplomatique et institutionnelle, représentant le Sénat sur le plan national et international. Son double héritage traditionnel et parlementaire confère à l’institution une stature nouvelle, révélatrice de l’équilibre des pouvoirs dans le pays.



