Le Parlement européen a adopté, jeudi en séance plénière à Strasbourg, une résolution réclamant la libération « immédiate et inconditionnelle » de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum. Le texte, référencé RC10-0159/2026, a été présenté par l’eurodéputé français Christophe Gomart, membre du groupe Parti populaire européen. Renversé par un putsch militaire le 26 juillet 2023, l’ex-chef de l’État reste détenu avec son épouse dans la résidence présidentielle à Niamey. Malgré l’annonce d’un procès par les nouvelles autorités, aucune procédure judiciaire n’a encore été engagée. Adoptée à une très large majorité (524 voix pour, 2 contre et 29 abstentions) la résolution condamne ce que les eurodéputés qualifient de « détention arbitraire » de l’ancien dirigeant, qui a exercé le pouvoir d’avril 2021 jusqu’au coup d’État de juillet 2023. Le Parlement européen demande sa libération ainsi que celle de son épouse. Cette prise de position a été saluée par les soutiens de Mohamed Bazoum et par le Collectif international des Amis de Bazoum Mohamed.
Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum est détenu avec son épouse par la junte militaire qui a pris le pouvoir, privé de téléphone et totalement coupé du monde extérieur. 950 jours se sont écoulés depuis ce coup, 950 jours de détention injustifiée. Il convient de rappeler que le président Bazoum, démocratiquement élu, a été le principal partenaire des forces européennes au Sahel, contribuant à la lutte contre le terrorisme islamiste, contre le trafic d’armes, contre le trafic d’êtres humains et à la stabilité régionale. Nous ne pouvons rester plus longtemps silencieux alors qu’un allié clé de l’Europe est emprisonné. Quel exemple de loyauté l’Union européenne donnerait-elle à ses partenaires ? Sa libération est urgente pour deux raisons majeures. Son mandat prendra fin le 2 avril 2026. Ne pas obtenir sa libération avant cette date constituerait un échec grave. Un signal clair doit être envoyé à nos partenaires et à leurs opposants. L’Europe est un allié assumant ses engagements envers ceux qui ont coopéré avec elle pour plus de sécurité et plus de liberté. Cette résolution rappelle le caractère inacceptable de la détention d’un dirigeant démocratiquement élu, partageant nos valeurs, renversé puis emprisonné par une junte militaire toujours au pouvoir aujourd’hui. Elle appelle à la libération immédiate de Mohamed Bazoum et de son épouse, au rétablissement de l’ordre constitutionnel et à l’organisation de nouvelles élections démocratiques. Depuis le coup d’État, le Niger s’enfonce dans une spirale de violence et d’insécurité. La junte militaire laisse son territoire en proie à des groupes djihadistes, responsables de nombreuses attaques meurtrières, notamment contre des minorités religieuses. Nous ne pouvons nous y résigner. Je compte sur votre soutien pour cette résolution qui porte bien son nom : une résolution d’urgence. Merci.
Transcription : KAWERU



