Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, a annoncé la remise en liberté de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana pour des raisons humanitaires liées à son état de santé. L’ex-chef du gouvernement devra désormais prendre en charge ses frais médicaux.
Le magistrat a précisé que cette libération ne modifie pas la procédure judiciaire en cours. Incarcéré à la Maison centrale de Conakry depuis plusieurs années, Ibrahima Kassory Fofana avait été hospitalisé en raison de pathologies développées durant sa détention. La demande de remise en liberté provisoire a été formulée par le parquet pour humanité.
À compter de sa libération, l’ancien Premier ministre ne bénéficiera plus de la prise en charge médicale de l’État. Les soins, jusqu’alors assurés par l’État, relèvent désormais entièrement de sa responsabilité. Les dépenses engagées pourraient dépasser 15 milliards de francs guinéens, soit environ 1,7 million de dollars américains, versés notamment à la clinique Pasteur.
Le procureur a rappelé que toute violation des mesures de sûreté proposées pourrait amener le parquet à demander la révision de cette liberté. Il a ajouté que l’éventuelle évacuation sanitaire à l’étranger ne relève pas de sa compétence.
Poursuivi depuis 2022 pour détournement présumé de fonds publics, Ibrahima Kassory Fofana avait été condamné en février 2025 à cinq ans de prison ferme, à une amende de 2 milliards de francs guinéens et à la confiscation de certains avoirs. La procédure se poursuit devant la Chambre des appels de la CRIEF, avec de prochaines audiences prévues pour les plaidoiries et réquisitions.



