Burkina Faso : cinq ans de prison et 258,9 millions f CFA d’amende requis contre l’ex-ministre Laure Zongo/Hien

 

Le parquet du Tribunal de grande instance de Ouagadougou a requis une peine de cinq ans de prison ferme et une amende de plus de 250 millions de F CFA contre l’ancienne ministre de l’Action humanitaire, Laure Zongo/Hien. Elle est poursuivie pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

Les faits examinés par la justice burkinabè impliquent également son successeur à la tête du ministère, Yé Yaké Camille, contre qui le ministère public a requis 11 ans de prison ferme. Le parquet estime que plusieurs irrégularités financières ont été commises au sein du département en charge de l’Action humanitaire.

Au cours de l’audience, l’Agent judiciaire de l’État a décrit un système dans lequel certains responsables auraient utilisé les ressources publiques à des fins personnelles. Selon l’accusation, l’ex-ministre aurait perçu indûment plusieurs montants, dont 35 millions de F CFA qui lui auraient été remis par l’intermédiaire de l’homme d’affaires Ismaël Ouédraogo.

Le parquet évoque aussi un détournement présumé de carburant évalué à 86,3 millions de F CFA dans le cadre d’un contrat de 115 millions conclu avec la société Pluf. Ce contrat n’aurait pas été déclaré lors des contrôles de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et aurait servi à financer des dépenses personnelles.

Le ministère public soupçonne également l’acquisition de biens immobiliers enregistrés au nom de tiers afin de dissimuler l’origine des fonds. Pour le parquet, ces pratiques relèvent d’une « délinquance astucieuse » qui nécessite des sanctions exemplaires afin de protéger les deniers publics.

Outre la peine de prison et l’amende de 258,9 millions de F CFA requises contre Laure Zongo/Hien, le parquet demande la confiscation de ses biens. Les réquisitions sont plus lourdes contre Yé Yaké Camille, poursuivi notamment pour activités fictives et tentative de corruption d’auditeurs, avec une peine requise de 11 ans de prison et une amende de 522 millions de F CFA.

L’homme d’affaires Ismaël Ouédraogo encourt pour sa part cinq ans de prison ferme et une amende de 255 millions de F CFA. D’autres cadres sont également cités dans le dossier, dont Issiaka Sangaré, accusé d’avoir détourné 22 millions de F CFA destinés en partie à l’organisation d’un déjeuner officiel avec des personnes déplacées internes à Ouahigouya.

Au-delà des peines pénales, l’État burkinabè réclame des réparations financières. Il demande notamment 135 millions de F CFA au groupe de Laure Zongo/Hien et 86 millions de F CFA à celui de Yé Yaké Camille, ainsi qu’un dédommagement moral estimé à 50 millions de F CFA.

Le procès a été suspendu pour permettre aux avocats de la défense de présenter leurs plaidoiries. Le verdict du tribunal est désormais attendu.

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