La Côte d’Ivoire accélère la transition écologique de sa filière cacao. Le gouvernement ivoirien et le Conseil du Café-Cacao ont lancé l’Initiative Cacao Carbone+, un programme destiné à transformer les vergers en agroforêts et à générer plus d’un milliard de dollars de revenus carbone.
Le pays, premier producteur mondial de cacao, fait face à une forte pression environnementale après la perte de 80 % de son couvert forestier en soixante ans. Cette situation menace les moyens d’existence d’environ cinq millions de personnes. Pour y répondre, les autorités mettent en place un cadre de gouvernance unique dédié à l’agroforesterie.
Selon Patricia Assamoi-Ouffoué, responsable de la recherche au Conseil Café-Cacao, l’ambition nationale consiste à convertir 2,5 millions d’hectares en systèmes agroforestiers résilients à l’horizon 2035. Le programme prévoit la plantation de 100 millions d’arbres dans les exploitations de cacao et de café.
L’enjeu se veut aussi économique. L’initiative cible 1,25 milliard de dollars de revenus carbone à long terme. Elle doit diversifier les revenus de 750 000 producteurs bénéficiaires tout en garantissant un cacao sans déforestation.
La stratégie adoptée repose sur quatre piliers. Le premier concerne une gouvernance harmonisée entre toutes les parties prenantes afin d’éviter la dispersion des actions. Le deuxième porte sur des projets carbone à haute intégrité respectant les normes environnementales et sociales. Le troisième vise l’inclusion et le partage équitable des bénéfices au profit des producteurs. Le quatrième cherche à positionner la Côte d’Ivoire comme référence du cacao bas carbone.
Le déploiement se fera par étapes. Une étude de faisabilité de huit mois ouvrira le processus. Elle sera suivie d’une phase pilote de six à trente-six mois dans quelques zones représentatives avant une généralisation à l’échelle nationale.
Présente à la rencontre, Blerta Cela, représentante du Programme des Nations unies pour le développement en Côte d’Ivoire, salue une avancée qui apporte plus de cohérence aux actions climatiques. Elle insiste toutefois sur la nécessité de renforcer l’intégration du genre et la transformation locale des résidus de cacao.
Pour Wahatami Coulibaly, représentant la direction générale du Conseil Café-Cacao, Cacao Carbone+ doit mieux coordonner les initiatives d’agroforesterie et les projets carbone de la filière. Les autorités ivoiriennes misent sur cette réforme pour consolider durablement un secteur qui pèse environ 15 % du PIB et 40 % des exportations nationales.



