La COSI-Bénin installe ses coordinations communales dans l’Atlantique et appelle à l’unité

La Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes du Bénin a procédé, ce mercredi 25 février 2026 à l’installation officielle des bureaux de coordination communale dans le département de l’Atlantique. La cérémonie s’est tenue à Allada sous la supervision du Secrétaire Général confédéral, Codjo Hinlin. Elle a été marquée par une communication inaugurale et par l’intervention du secrétaire départemental Atlantique, Romain Marc Dohou.

Dans son propos introductif, le responsable départemental a d’abord relevé un problème d’image qui affecte le mouvement syndical. Selon lui, une partie de l’opinion pense que le syndicat a perdu de sa vigueur ou qu’il n’existe plus réellement. Il a évoqué des réactions du public qui traduisent un doute croissant sur l’utilité de l’action syndicale.

Face à cette perception, il a insisté sur l’urgence de redynamiser l’organisation. Pour lui, le moment impose de « relancer le défi » afin de remobiliser les travailleurs. Il a défendu une idée centrale : l’unité et la vigilance qui constituent les conditions essentielles pour préserver les acquis sociaux.

Le secrétaire départemental a aussi mis en garde contre ce qu’il considère comme une illusion dangereuse. A ses yeux, croire que le simple fait de travailler suffit pour protéger les droits des employés reste une erreur. Il a rappelé que la lutte syndicale demeure indispensable pour défendre les intérêts des travailleurs.

Sur le plan organisationnel, il a expliqué le sens de la rencontre. Après une tournée effectuée dans toutes les communes de l’Atlantique, les responsables ont décidé de formaliser la mise en place des coordinations communales. Il a, à cette occasion, remercié le secrétaire général confédéral pour sa présence et pour son engagement à présider la cérémonie.

Dans sa communication inaugurale, le SG confédéral a réaffirmé la ligne de principe de la COSI-Bénin. Il a soutenu que la confédération reste du côté du peuple. Il a reconnu que certains syndicalistes donnent parfois l’impression d’un isolement politique, mais il estime que cette situation ne s’inscrira pas dans la durée.

Le responsable confédéral a ensuite exprimé ses préoccupations face à l’évolution du cadre législatif. Selon lui, plusieurs réformes récentes fragilisent les travailleurs ainsi que les organisations syndicales. Il a cité la loi sur la fonction publique, qu’il juge favorable à des licenciements plus aisés, certaines dispositions du code pénal, ainsi que la loi sur la grève qu’il considère très restrictive.

Son inquiétude majeure concerne le risque de criminalisation de la grève. Il a expliqué que, dans certaines situations, des syndicalistes pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires ou d’emprisonnement après le déclenchement d’un mouvement de grève. Il y voit une menace sérieuse pour la liberté syndicale.

Le SG confédéral a également dénoncé l’encadrement croissant du droit de grève. Il a évoqué la limitation du nombre de jours de grève par mois et par an, ainsi que des restrictions propres à certains secteurs. Selon lui, ces mesures réduisent la capacité d’action des organisations syndicales.

Codjo Hinlin a rappelé que la COSI-Bénin ne se résume pas à des individus. Il a présenté la confédération comme une structure organisée qui regroupe le bureau confédéral, les fédérations, les syndicats, les coordinations départementales et communales, ainsi que les bureaux de base dans les entreprises et les établissements. La rencontre d’Allada s’inscrit, selon les responsables, dans la volonté de consolider cet ancrage organisationnel dans le département de l’Atlantique.

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