Au Bénin, à l’approche du scrutin présidentiel du 12 avril, le parti d’opposition Les Démocrates semble engagé dans une séquence critique qui dépasse la simple dissidence interne. Les départs successifs, les ralliements publics et les défections territoriales dessinent désormais les contours d’une implosion politique.
Selon plusieurs informations concordantes, de nouvelles coordinations communales, des cadres stratégiques et des responsables influents des Les Démocrates s’apprêtent à annoncer leur soutien à la candidature de Romuald Wadagni. Ces déclarations, attendues dans les prochains jours, pourraient accélérer un processus déjà bien entamé.
Les prémices d’un effondrement
Les premiers signes étaient apparus il y a plusieurs semaines. Basile Ahossi, plusieurs députés et des cadres reconnus du parti avaient publiquement exprimé leur soutien à Romuald Wadagni.
Ces choix avaient été présentés comme marginaux. Ils apparaissent aujourd’hui comme les actes fondateurs d’un cycle de désagrégation interne. Lorsqu’un parti voit ses figures visibles rompre l’alignement stratégique, c’est que la crise est déjà enracinée.
Une fragmentation nationale
Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, des coordinations locales ont fait défection. Certaines ont officialisé leur ralliement depuis des mois ; d’autres ont exprimé clairement leur soutien ces dernières semaines. Le phénomène est désormais national.
En analyse organisationnelle, la perte simultanée de relais territoriaux et de figures parlementaires constitue un indicateur avancé de désintégration. Le centre ne contrôle plus la périphérie. L’autorité verticale se délite. La cohésion partisane devient théorique.
L’effet d’irréversibilité
Chaque nouveau ralliement alimente une dynamique cumulative. Plus les soutiens à Romuald Wadagni s’élargissent, plus la crédibilité électorale du parti quitté s’affaiblit. Ce mécanisme crée un effet d’irréversibilité : la perception d’une vague en formation accélère la vague elle-même.
La candidature de Romuald Wadagni bénéficie d’une adhésion transversale qui dépasse les frontières de la mouvance présidentielle. Elle capte désormais des segments issus de l’opposition, redessinant les lignes traditionnelles du débat politique.
Fin de cycle ?
À ce rythme, plusieurs observateurs évoquent non plus une crise interne, mais la fin d’un cycle politique pour Les Démocrates. Une organisation qui perd ses cadres, ses députés et ses coordinations territoriales entre dans une zone de turbulence dont il est difficile de sortir intact.
Le 12 avril pourrait alors consacrer un double événement : un raz-de-marée électoral en faveur de Romuald Wadagni ; et l’officialisation d’une recomposition profonde du paysage partisan béninois. L’implosion n’est plus une hypothèse théorique. Elle s’écrit, jour après jour, déclaration après déclaration.




