France : neuf CRS jugés pour violences contre des manifestants des « gilets jaunes » en 2018

 

 

Neuf membres des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) sont actuellement jugés par le tribunal correctionnel de Paris pour des violences commises lors d’une manifestation du mouvement des « gilets jaunes » en 2018. Les audiences, ouvertes lundi, doivent se poursuivre jusqu’à jeudi.

Les policiers, âgés de 30 à 52 ans, sont poursuivis pour violences volontaires aggravées et risquent, pour certains, jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende. Les faits remontent au 1er décembre 2018, lors de l’acte III du mouvement. Des manifestants s’étaient réfugiés dans un Burger King de l’avenue de Wagram, dans le 17e arrondissement de Paris, pour échapper aux tensions. Les CRS de la compagnie 43, basée à Chalon-sur-Saône, sont accusés d’avoir frappé plusieurs personnes à coups de matraque et de pied.

Dans une ordonnance de février 2025, la magistrate instructrice a décrit cette journée comme l’une des plus difficiles pour le maintien de l’ordre pendant les manifestations des « gilets jaunes », rappelant notamment les dégradations à l’Arc de Triomphe, l’éborgnement d’un manifestant à Paris et l’incendie de la préfecture du Puy-en-Velay.

L’enquête a révélé que les manifestants présents dans le restaurant n’avaient commis ni violences ni dégradations et tentaient seulement de se protéger des gaz lacrymogènes, certains levant les mains à l’arrivée des forces de l’ordre. Selon l’ordonnance, les CRS auraient alors agi avec armes et boucliers, sans sommation, et les autorités hiérarchiques ont reconnu que l’intervention n’était pas justifiée.

Cinq victimes se sont constituées parties civiles depuis l’ouverture de la procédure en mai 2019, tandis que d’autres n’ont pas été identifiées. L’avocat Arié Alimi a déclaré que ses clients « sont soulagés et attendent avec impatience le procès », regrettant que les responsables hiérarchiques n’aient pas été poursuivis.

 

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