Au Bénin, un journaliste et un policier ont comparu mardi 3 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dans le cadre de l’affaire du coup d’État déjoué contre le président Patrice Talon, survenu le 7 décembre 2025. Le ministère public a requis à leur encontre cinq ans de prison ferme et une amende d’un million de francs CFA pour apologie de crime contre la sûreté de l’État, incitation à la haine via Internet et incitation à la rébellion, fait savoir Banouto.
Selon le même média, le journaliste est accusé d’avoir publié un texte annonçant la prise de pouvoir par les putschistes. Il a plaidé non coupable, expliquant avoir agi par peur pour sa vie et celle de sa famille après avoir reçu, quelques jours avant le coup d’État manqué, une menace à peine voilée. Selon lui, sa seconde publication sur la déclaration du ministre de l’Intérieur visait à informer le public, et non à soutenir les putschistes. Le prévenu a sollicité la clémence de la Cour afin de retourner auprès de sa famille.
Le policier, en service à la Direction de police judiciaire (DPJ), est poursuivi pour avoir diffusé un message sur un groupe WhatsApp le jour de la tentative de coup d’État, dans lequel il mettait en garde les participants à des discussions sur le putsch. Il a reconnu son message mais a assuré qu’il ne visait pas à soutenir les putschistes, mais à « stopper les débats et ramener à l’ordre ». Le ministère public a jugé cette explication insuffisante, estimant qu’un agent de police, connaisseur des lois, ne devait pas publier ce type de message.
Le procès se poursuit et le verdict est attendu le 24 mars 2026. Quatre autres personnes, dont un ingénieur câblage, un technicien vétérinaire et un élu local de Parakou, sont également poursuivies pour les mêmes faits.



