Alphabet, la maison mère de Google, affiche une solidité financière portée par l’essor de l’intelligence artificielle et annonce une hausse spectaculaire de ses investissements pour 2026. Le groupe prévoit d’injecter entre 175 et 185 milliards de dollars, contre un niveau déjà record l’an dernier, afin de soutenir la course mondiale à la puissance de calcul et aux infrastructures numériques.
Au quatrième trimestre 2025, Google a dépassé les attentes des marchés. Le bénéfice net atteint 34,5 milliards de dollars, en progression de 30 % sur un an, pour un chiffre d’affaires record de 113,8 milliards. Cette dynamique est largement tirée par la montée en puissance du cloud, stimulée par l’adoption rapide des solutions d’IA par les entreprises.
La division Google Cloud a généré 17,7 milliards de dollars sur le trimestre, soit une hausse de 48 %. Sundar Pichai affirme que les investissements consentis dans l’IA et les infrastructures commencent à produire des effets visibles sur la croissance et les revenus, même si une partie des investisseurs redoute une fuite en avant financière.
Dans un contexte de concurrence accrue, Google tente de réduire l’écart avec Amazon Web Services et Microsoft Azure. Le groupe mise fortement sur son modèle Gemini, dont la troisième version a gagné du terrain face à ChatGPT. L’application Gemini revendique désormais plus de 750 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Google annonce également plus de huit millions d’abonnements à Gemini Enterprise, quatre mois après son lancement.
Contrairement à OpenAI, Google s’appuie sur un écosystème intégré, allant des infrastructures aux services, ainsi que sur ses propres processeurs dédiés à l’IA, les TPU, développés avec Broadcom. Cette stratégie permet au groupe de limiter sa dépendance aux fabricants de puces comme Nvidia.
Le cœur historique du groupe reste cependant la recherche et la publicité, qui ont généré 82,3 milliards de dollars sur le trimestre. Google continue aussi de bénéficier de la décision judiciaire américaine qui a écarté, en septembre, l’hypothèse d’une cession de Chrome, même si le groupe a fait appel de sa condamnation pour abus de position dominante.
En parallèle, la branche expérimentale Other Bets, qui comprend notamment Waymo, affiche une perte de 3,6 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires limité à 370 millions.
Fondé en 1998, le géant de Mountain View dépasse désormais les 400 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, confirmant sa place centrale dans la bataille mondiale de l’intelligence artificielle.



