En Afrique du Sud, le leader de l’Alliance démocratique (DA), John Steenhuisen, a fait savoir qu’il ne se représentera pas à la direction du parti lors de son congrès fédéral prévu en avril prochain. Cette annonce intervient dans un contexte politique sensible, alors que la DA est un acteur central du gouvernement d’union nationale sud-africain.
À la tête de la DA depuis 2019, John Steenhuisen occupe également les fonctions de ministre de l’Agriculture. Il explique vouloir consacrer la fin de son mandat gouvernemental à la gestion de la crise sanitaire qui frappe le secteur agricole, marquée par une épidémie de fièvre aphteuse d’une ampleur inédite dans le pays.
Le responsable politique affirme vouloir mobiliser pleinement ses efforts pour endiguer cette maladie, qualifiée de plus grave jamais enregistrée en Afrique du Sud, et en limiter les conséquences économiques et sanitaires.
La décision de John Steenhuisen survient après l’entrée de la DA dans le gouvernement d’union nationale formé à la suite des élections générales de 2024. Pour la première fois depuis la fin de l’apartheid, le Congrès national africain (ANC) a perdu sa majorité parlementaire, l’obligeant à gouverner avec ses anciens adversaires, dont la DA. Cette coalition repose en grande partie sur la participation du parti dirigé jusqu’ici par Steenhuisen.
Son retrait ouvre une période d’incertitude sur l’avenir de la DA, son orientation politique et sa place au sein de la coalition gouvernementale. Des interrogations émergent également sur la stabilité de l’exécutif et sur l’équilibre entre les forces politiques qui composent le gouvernement d’union nationale.
Âgé de 49 ans, John Steenhuisen a entamé sa carrière politique très jeune, en devenant conseiller municipal à Durban à l’âge de 22 ans. Il a ensuite occupé plusieurs postes de responsabilité, notamment à la tête de la DA dans la province du KwaZulu-Natal, avant de diriger le groupe parlementaire puis le parti au niveau national.
Sous son leadership, l’Alliance démocratique s’est affirmée comme la principale force d’opposition et a accédé pour la première fois au pouvoir au niveau national. Son parcours a néanmoins été marqué par des tensions internes et des critiques publiques, qui ont progressivement fragilisé sa position à la tête du parti.



