À Niamey, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique a tiré la sonnette d’alarme face à la progression des groupes jihadistes dans la bande sahélienne. L’institution militaire américaine appelle à une coopération sécuritaire régionale renforcée et à un partage accru du renseignement.
S’exprimant mardi au cours d’un point de presse numérique, le commandant de l’AFRICOM, le général Dagvin RM Anderson, a évoqué une détérioration continue de la situation sécuritaire, marquée par l’activisme de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Il a notamment cité le Jama’atu Nusrat al-Islam wal-Muslimin, présenté comme l’un des principaux foyers d’instabilité dans la région.
Selon le général américain, ces organisations accentuent leur pression sur les États sahéliens et étendent progressivement leurs actions vers les centres urbains et les capitales. La menace, a-t-il souligné, dépasse désormais les frontières nationales et fait peser un risque réel sur les pays côtiers du golfe de Guinée.
Face à cette dynamique, l’AFRICOM plaide pour une réponse collective fondée sur la coordination régionale, le partage du renseignement et le renforcement des capacités de surveillance. Les États-Unis, a précisé le général Anderson, privilégient des partenariats avec des pays jugés disposés et capables de coopérer, citant le Nigéria comme un acteur clé dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Sur le volet structurel, l’AFRICOM appuie également la mise en place de centres de formation spécialisés en Afrique du Nord, notamment au Maroc et en Tunisie. L’objectif est d’améliorer l’interopérabilité et la préparation des forces africaines face à des menaces en constante évolution.
Le sergent-major Garric M. Banfield, sous-officier supérieur de l’AFRICOM, a rappelé que l’insécurité persistante crée un terrain favorable à l’enracinement des groupes extrémistes violents. Il a insisté sur le lien étroit entre sécurité, stabilité politique et développement économique.
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par des attaques récentes revendiquées par l’État islamique, dont une visant l’aéroport de Niamey, tandis que le JNIM poursuit ses opérations contre des convois logistiques au Mali. Des actions qui illustrent la capacité d’adaptation et la diversification des modes opératoires des groupes jihadistes dans la région.




