Côte d’Ivoire : le PPA-CI accuse le pouvoir de mauvaise gouvernance dans la crise du cacao

Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation d’opposition fondée par Laurent Gbagbo, met en cause la gestion du gouvernement face à la crise qui secoue la campagne cacaoyère 2025-2026. Le parti dénonce une gouvernance opaque et orientée par des calculs électoraux.

Depuis le mois de décembre, plusieurs centaines de camions chargés de fèves de cacao restent bloqués, sans possibilité de déchargement. Pour le PPA-CI, cette situation résulte de choix politiques défaillants et non d’un simple dysfonctionnement conjoncturel.

Le parti critique en particulier la fixation du prix bord champ à 2 800 FCFA le kilogramme. Présentée comme une avancée majeure pour les planteurs en octobre dernier, cette décision est qualifiée de mesure pré-électorale prise dans la perspective de la présidentielle de 2025. Le PPA-CI souligne que ce prix a été arrêté alors que les cours mondiaux amorçaient déjà une tendance baissière.

Sur le marché international, le cacao est passé d’environ 5 000 à 3 800 FCFA le kilogramme. Face à cet écart, les exportateurs estiment le prix officiel intenable et ralentissent leurs achats, contribuant au blocage de la filière.

Le PPA-CI s’interroge également sur la gestion des excédents engrangés durant les campagnes 2023-2024, marquées par une forte hausse des prix. Selon le parti, un fonds de garantie, alimenté par 40 % de ces plus-values, devait servir à amortir les chocs en période de baisse. Il déplore l’absence d’activation de ce mécanisme et soupçonne les autorités de temporiser jusqu’à la petite traite prévue en mars 2026 pour procéder à une baisse des prix au détriment des producteurs.

Le Conseil café-cacao est aussi mis en cause. L’organe de régulation est accusé de freiner la délivrance des connaissements, documents indispensables au déchargement des cargaisons dans les ports, en invoquant des difficultés techniques. Cette situation maintient plus de 123 000 tonnes de cacao, qualifiées de stocks résiduels par les autorités, immobilisées dans des camions.

Pour le PPA-CI, ce blocage favorise le recours au système de dépôt-vente. Les producteurs livrent leurs fèves contre de simples reçus, sans garantie de paiement immédiat, ce qui fragilise davantage leur situation financière.

Le parti dénonce aussi l’asphyxie des acheteurs locaux. Malgré la hausse du prix d’achat, leur marge reste plafonnée à 100 FCFA le kilogramme, alors que les coûts de transport et de financement ont fortement augmenté. Cette pression économique pousse certains intermédiaires à contourner les prix officiels, au détriment des planteurs.

Le PPA-CI estime que la filière cacaoyère ivoirienne s’expose à une crise majeure en l’absence de réformes urgentes. Il appelle à une répartition plus équitable des revenus entre tous les acteurs et à une transparence totale dans la gestion des fonds de réserve. La Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cacao.

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