La République démocratique du Congo et les Nations unies lancent un appel pressant à la mobilisation de 1,4 milliard de dollars afin de répondre aux besoins humanitaires jugés critiques dans le pays, en particulier dans l’Est, où la situation continue de se dégrader.
Près de 15 millions de personnes ont besoin d’assistance. Faute de ressources suffisantes, l’aide humanitaire risque toutefois de se concentrer sur 7,3 millions de personnes considérées comme les plus exposées, indique le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
Le coordonnateur humanitaire des Nations unies en RDC, Bruno Lemarquis, souligne la gravité des arbitrages imposés par le manque de financements. Selon lui, l’ampleur des besoins combinée à des ressources limitées oblige les acteurs humanitaires à faire des choix extrêmement difficiles, parfois impossibles.
Face à cette contrainte, le plan de réponse humanitaire pour l’année en cours cible exclusivement les zones affectées par trois chocs majeurs : les conflits armés, les aléas climatiques et les épidémies. Il couvre désormais 228 zones de santé, contre 332 l’année précédente, marquant une réduction significative du champ d’intervention.
Cette réorientation intervient dans un contexte déjà fragile, notamment dans l’Est du pays, où les violences, les déplacements massifs de populations, les retours forcés et les crises sanitaires continuent d’alimenter l’urgence humanitaire.
Le sous-financement aggrave la situation. En 2025, seuls 24 % des besoins humanitaires avaient été couverts, limitant fortement la capacité d’action des organisations sur le terrain. Les conséquences ont été lourdes, avec la fermeture de plus de 1 000 centres de nutrition et l’interruption de la prise en charge de plus de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.
Les autorités congolaises et l’ONU appellent les partenaires internationaux à renforcer leur soutien afin d’éviter une aggravation de la crise et de préserver les vies les plus menacées.



