En France, l’Assemblée nationale a rejeté, vendredi 23 janvier 2026, les deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu après le recours à l’article 49.3 pour faire adopter sans vote la première partie du projet de loi de finances 2026, consacrée aux recettes.
La motion portée par les groupes de gauche, hors Parti socialiste, a recueilli 269 voix, soit 19 de moins que les 288 nécessaires pour renverser le gouvernement. Celle déposée par le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République a été largement repoussée, avec seulement 142 voix en sa faveur.
Ce double rejet confirme le maintien du gouvernement Lecornu et l’adoption de la première partie du budget 2026. Le Premier ministre avait engagé la responsabilité de son gouvernement lundi 20 janvier, faute de majorité parlementaire, revenant sur son engagement du 3 octobre de ne pas recourir à l’article 49.3.
Conformément à la Constitution, le texte est considéré comme adopté dès lors qu’aucune motion de censure n’obtient la majorité absolue des députés. Sur une motion de censure, les parlementaires ne peuvent voter que « pour » ou s’abstenir.
Après ce vote, l’exécutif prévoit d’engager à nouveau sa responsabilité sur la seconde partie du projet de loi, relative aux dépenses publiques. Cette étape pourrait entraîner de nouvelles motions de censure dès le début de la semaine prochaine et un recours élargi au 49.3 pour l’ensemble du budget.
Le texte doit ensuite être transmis au Sénat avant un éventuel retour à l’Assemblée nationale, où un troisième recours à l’article 49.3 n’est pas exclu.
Les débats budgétaires ont été marqués par de fortes tensions politiques, notamment sur les orientations fiscales et économiques. Le Parti socialiste, qui avait choisi de ne pas voter la motion de censure, a estimé que le recours au 49.3 constituait « la moins mauvaise des solutions » pour permettre l’adoption du budget, malgré des désaccords persistants.



