France : Barrot et Mélenchon s’opposent sur les États-Unis et l’ordre mondial

Invités sur France 2 dans l’émission Le Retour des empires, Jean-Noël Barrot et Jean-Luc Mélenchon ont affiché des lectures contrastées de la relation franco-américaine, de la sécurité européenne et de l’évolution de l’ordre international.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a réaffirmé le statut d’allié des États-Unis, tout en assumant la possibilité d’un désaccord clair avec Washington. Selon lui, la France coopère avec les Américains pour la paix et la sécurité, sans renoncer à sa liberté de décision. Il a cité les tensions commerciales actuelles et les menaces de hausses de droits de douane comme illustration d’une relation faite de dialogue mais aussi de fermeté.

Jean-Noël Barrot a également défendu le renforcement de l’Europe de la défense face à un monde marqué par le retour du rapport de force. Il a insisté sur l’importance du droit international, présenté comme un socle indispensable à la stabilité mondiale, avertissant que l’absence de préparation européenne mènerait à un affaiblissement stratégique du continent.

En face, Jean-Luc Mélenchon a dressé un constat plus radical. Il a évoqué un basculement historique majeur et estimé que la crise actuelle ouvrait une phase de recomposition politique. Le leader de La France insoumise a plaidé pour une politique française de non-alignement et rejeté toute perspective d’escalade militaire en Europe.

Sur le conflit russo-ukrainien, il a appelé à une solution fondée sur des garanties de sécurité réciproques et à des consultations populaires dans les territoires disputés. Il a également élargi son propos à d’autres dossiers internationaux, citant le Groenland et dénonçant une logique de domination qu’il juge porteuse de risques nucléaires.

Jean-Luc Mélenchon a enfin interpellé le gouvernement sur la reconnaissance de l’État de Palestine et la situation à Gaza, estimant la position française tardive et le cessez-le-feu fragile.

En réponse, Jean-Noël Barrot a maintenu que le droit international restait une force centrale de la diplomatie française, tout en soulignant les contraintes et équilibres qui pèsent sur la gestion des crises contemporaines. Le débat a ainsi mis en lumière deux visions opposées du rôle de la France dans un monde en recomposition.

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