L’Algérie réaffirme sa fermeté sur la question de son passé colonial. Le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Abdelmalek Tacherift, a insisté sur l’importance de la loi criminalisant la colonisation française, examinée lundi 19 janvier par le Sénat.
Devant les sénateurs, il a déclaré que ce texte confirme que « l’Algérie ne transige jamais avec sa mémoire nationale ». Selon lui, cette loi traduit l’engagement de l’État à préserver la vérité historique et à défendre le droit du peuple algérien à la reconnaissance des crimes coloniaux, aux excuses officielles et à la réparation.
Le ministre a souligné que l’Algérie n’accepte « aucun compromis » sur sa mémoire historique. Il estime que cette initiative législative constitue un renforcement majeur de l’arsenal juridique national dédié à la protection de la mémoire collective.
Abdelmalek Tacherift a rappelé l’ampleur des crimes commis durant la période coloniale, évoquant des millions de martyrs et des séquelles encore visibles sur les plans matériel, psychologique et environnemental. Il a dénoncé les pratiques de l’administration coloniale, notamment l’exil forcé, la torture, la spoliation des terres et les tentatives d’effacement de l’identité nationale.
Il a également affirmé que le colonisateur a utilisé tous les moyens juridiques, administratifs et militaires pour priver les Algériens de leurs droits, sans parvenir à étouffer la résistance, qui s’est intensifiée jusqu’à la victoire de la Révolution de Novembre.
Pour le ministre, les crimes coloniaux sont imprescriptibles au regard du droit international. Ils ne peuvent être ni oubliés ni niés, car « il ne peut y avoir de justice sans reconnaissance, ni d’avenir digne sans réparation ».
Adopté fin décembre par l’Assemblée nationale populaire, le projet de loi comprend 27 articles. Il définit la nature juridique des crimes coloniaux, engage la responsabilité de l’État français et fixe les mécanismes pour exiger reconnaissance et excuses officielles. Le texte doit être soumis au vote du Sénat mercredi prochain.



