
Réunis à Lomé, les acteurs africains engagés dans la recherche de la paix en République démocratique du Congo ont acté un tournant majeur : la reconnaissance de la médiation conduite par le Togo comme cadre central et fédérateur du processus de règlement de la crise dans l’Est de la RDC et la région des Grands Lacs.
La réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix s’est achevée sur un consensus autour de l’alignement des différentes initiatives africaines sur la médiation pilotée par Lomé. Les participants, parmi lesquels d’anciens chefs d’État et des experts de l’Union africaine, ont également décidé d’harmoniser la compréhension du processus unifié de médiation à l’échelle du continent.
Les acteurs ont validé l’architecture révisée de la médiation ainsi qu’un document-cadre fondé sur l’analyse des dynamiques actuelles du conflit. Un plan de travail a aussi été adopté pour les facilitateurs, appelés à agir comme instruments opérationnels sous la coordination du panel d’appui politique, dont le rôle central a été réaffirmé.
La rencontre a invité les parties au conflit à accélérer, de bonne foi, la mise en œuvre de leurs engagements et à privilégier les solutions pacifiques. Elle a, en outre, renouvelé son soutien au processus de Doha et exhorté à la reprise rapide des discussions afin de finaliser les six protocoles encore en suspens, tout en insistant sur la nécessité d’un suivi africain structuré de l’application des accords.
Prenant la parole, le médiateur désigné par l’Union africaine, Faure Gnassingbé, a appelé les dirigeants du continent à transformer les discours en actions concrètes. Pour lui, la paix ne se résume ni à des réunions ni à des signatures, mais se mesure à l’amélioration réelle des conditions de vie des populations, au retour de la sécurité et de la confiance au quotidien.
Le président du Conseil de la République togolaise a souligné l’urgence d’une mise en œuvre rigoureuse et constante des décisions prises à Lomé afin d’obtenir des résultats durables en faveur de la stabilité en RDC et dans les Grands Lacs. Il a estimé que la crédibilité de l’action africaine est en jeu face aux défis sécuritaires du continent.
La crise dans l’Est de la RDC, marquée par les affrontements entre l’armée congolaise et le groupe rebelle M23, continue de faire des milliers de victimes et de déplacés depuis 2021. Kinshasa accuse Kigali de soutenir la rébellion, ce que le Rwanda dément, renvoyant la responsabilité à l’absence de dialogue direct avec le M23. Un contexte qui renforce l’enjeu d’une médiation africaine unifiée et efficace.




