L’accès à Internet a été suspendu en Ouganda mardi en début de soirée, deux jours avant les élections présidentielle et législatives prévues le 15 janvier. La coupure, d’une durée indéterminée, affecte aussi certains appels internationaux, selon des constats de journalistes à Kampala.
La Commission ougandaise des communications a ordonné cette mesure aux fournisseurs d’accès, invoquant la lutte contre la désinformation en ligne, la fraude électorale et les risques d’incitation à la violence. Cette décision contredit pourtant les assurances répétées de l’exécutif, qui affirmait que le réseau resterait fonctionnel pendant le scrutin.
Le pays avait déjà imposé une coupure similaire pendant la présidentielle de 2021, remportée par Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quatre décennies et de nouveau candidat. Son principal opposant, Bobi Wine, avait alors dénoncé un processus électoral entaché de violences meurtrières. Le gouvernement n’a pas communiqué officiellement sur la nouvelle suspension.
Les autorités avaient aussi annoncé, fin décembre, des restrictions sur l’importation de terminaux Internet par satellite, afin d’éviter tout contournement du blocage national. Cette situation ravive les inquiétudes d’un scénario comparable à celui observé récemment en Tanzanie, où des coupures avaient accompagné des élections contestées.
Le climat politique reste tendu. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a dénoncé un contexte marqué par la répression et l’intimidation, alors que le pays s’apprête à voter sans accès libre au réseau.



