Le Conseil national de transition de Guinée-Bissau a approuvé une révision majeure de la Constitution, mettant à jour la loi fondamentale trente ans après la dernière modification de 1995. Le texte, adopté mardi à Bissau, renforce les prérogatives du Président de la République tout en maintenant un système semi-présidentiel.
Selon le porte-parole du CNT, cette réforme répond à des difficultés juridiques accumulées au fil des années. Elle intervient dans un contexte politique sensible, marqué par la prise du pouvoir par un Haut commandement militaire depuis le 27 novembre, à la suite du renversement du président Umaro Sissoco Embalo, survenu à la veille de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle.
La Constitution révisée conserve l’architecture bicéphale de l’exécutif, mais confère désormais au Président de la République le rôle de Chef du gouvernement. Il dirige l’action de l’exécutif, préside le Conseil des ministres et coordonne le travail du Premier ministre, placé sous son autorité. Le Chef de l’État garde aussi le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre, après consultation des partis représentés à l’Assemblée nationale.
Le Parlement, renommé Assemblée nationale, conserve ses prérogatives législatives et de contrôle. Le gouvernement reste politiquement responsable à la fois devant le Président et devant les députés, qui disposent toujours des motions de censure et de confiance. Le Président maintient également la faculté de dissoudre l’Assemblée, conformément aux dispositions du texte révisé.
Le préambule de la Constitution a été remanié afin d’alléger les références idéologiques, dans l’objectif d’en faire un texte fédérateur. Pour les autorités de transition, cette réforme vise avant tout à clarifier les compétences des institutions et à prévenir les conflits politiques récurrents.



