L’Organisation des Nations unies hausse le ton face à la situation en Iran. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « choqué » par les violences signalées contre les manifestants et appelle les autorités iraniennes à faire preuve de la « plus grande retenue » dans l’usage de la force.
Cette réaction intervient alors que Téhéran a décrété trois jours de deuil national en hommage aux « martyrs de la résistance » et lancé des appels officiels à des rassemblements de soutien au pouvoir à travers le pays. Dans ce contexte tendu, l’ONU insiste sur le respect strict des droits fondamentaux.
Antonio Guterres rappelle que tous les Iraniens doivent pouvoir exprimer leurs revendications de manière pacifique, sans crainte de représailles. Il souligne l’obligation pour les autorités de garantir les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique, conformément au droit international. Le chef de l’ONU demande aussi des mesures concrètes pour assurer l’accès à l’information, notamment le rétablissement des communications.
Depuis le 28 décembre, l’Iran est secoué par un mouvement de contestation d’ampleur, particulièrement à Téhéran. La répression menée par les forces de sécurité aurait fait de nombreuses victimes. Selon l’ONG américaine HRANA, 490 manifestants et 48 membres des forces de sécurité ont été tués, tandis que plus de 10 600 personnes ont été arrêtées. Des chiffres difficiles à vérifier, en raison des restrictions sévères sur l’accès à internet.
L’ONG NetBlocks confirme la poursuite de la coupure du réseau pour un troisième jour consécutif, avec une connectivité extérieure réduite à environ 1 % du niveau habituel. Cette situation accentue les inquiétudes sur la transparence et la circulation de l’information.
À l’international, la mobilisation s’organise. Des milliers de personnes ont manifesté à Londres, notamment devant l’ambassade d’Iran et à Downing Street. À Paris, plus de 2 000 manifestants ont défilé à l’appel des partisans de Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah, sans pouvoir s’approcher de l’ambassade iranienne en raison d’un important dispositif de sécurité.
Les États-Unis ont mis en garde Téhéran contre la poursuite de la répression. De leur côté, les autorités iraniennes affirment qu’elles riposteront à toute attaque, maintenant un climat de forte tension politique et diplomatique.



