ArcelorMittal sécurise son électricité nucléaire en France avec EDF pour 18 ans

 

 

ArcelorMittal et EDF ont conclu un contrat d’approvisionnement en électricité nucléaire d’une durée de 18 ans afin d’alimenter les sites français du sidérurgiste. L’accord, annoncé mardi 6 janvier par les deux groupes, est entré en vigueur le 1er janvier 2026.

Dans le cadre de ce contrat d’approvisionnement à long terme, EDF s’engage à réserver à ArcelorMittal une part de la capacité de son parc nucléaire actuellement en exploitation. L’objectif affiché est de garantir à l’industriel un accès durable à une électricité bas carbone, à un coût compétitif, pour couvrir ses besoins énergétiques.

Pour ArcelorMittal, cet accord constitue un levier stratégique. Le groupe estime qu’il renforce la compétitivité de l’acier produit en France et soutient sa trajectoire de décarbonation. EDF, de son côté, met en avant sa contribution à la souveraineté énergétique et à la transformation écologique de l’industrie lourde.

Signé le 26 décembre, le contrat s’inscrit dans la continuité de la lettre d’intention paraphée en janvier 2024 et marque une étape importante dans la stratégie énergétique du sidérurgiste en France. Les deux entreprises n’ont toutefois pas communiqué sur les volumes d’électricité concernés.

Cette annonce intervient dans un contexte sensible. Les syndicats et les pouvoirs publics attendent toujours une confirmation formelle des projets de décarbonation des hauts fourneaux de Dunkerque, temporairement mis en pause. En mai 2025, ArcelorMittal avait réaffirmé son intention d’investir 1,2 milliard d’euros dans le nord de la France, après avoir supprimé plus de 600 postes l’année précédente, mais ces engagements restent conditionnés à des mesures européennes de protection commerciale.

Du côté syndical, la prudence demeure. La CFDT estime que l’accord avec EDF, combiné aux mesures douanières européennes et à la réforme du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, envoie des signaux encourageants, sans pour autant constituer un engagement ferme du groupe sur ses investissements industriels.

Les contrats d’approvisionnement en électricité nucléaire, dits CAPN, reposent sur des prix définis à l’avance pour des durées d’au moins dix ans, en échange d’un partage des risques liés à la production nucléaire. Ils permettent à EDF de sécuriser ses revenus sur le long terme, dans un contexte de relance du nucléaire, tout en soutenant la compétitivité des industriels fortement consommateurs d’énergie.

Deuxième sidérurgiste mondial, ArcelorMittal emploie environ 15.000 personnes en France.

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