Accord UE-Mercosur : Bruxelles accélère malgré la fronde agricole

 

La Commission européenne maintient son cap. Malgré l’opposition persistante de plusieurs États membres et la colère du monde agricole, Bruxelles espère signer « bientôt » l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

La porte-parole de la Commission, Paula Pinho, affirme que l’UE se trouve sur la « bonne route », évoquant des avancées dans les discussions entre les Vingt-Sept. Aucune date officielle n’est confirmée, même si un feu vert des États membres pourrait intervenir dès cette semaine, par un vote à la majorité qualifiée.

Avant tout arbitrage politique, les ministres européens de l’Agriculture se réunissent mercredi à Bruxelles. Les échanges porteront sur l’accord UE–Mercosur mais aussi sur l’avenir de la politique agricole commune, au cœur des inquiétudes des agriculteurs. Une réunion des représentants permanents des États membres est également envisagée vendredi pour acter une position commune.

Négocié depuis plus de vingt-cinq ans, le traité concerne l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Il ouvrirait davantage les marchés sud-américains aux exportations européennes, notamment dans l’automobile, les machines, les vins et les spiritueux. En contrepartie, l’Europe faciliterait l’entrée de produits agricoles comme la viande, le sucre, le riz, le soja ou le miel, ce qui alimente les craintes des filières européennes.

La France, l’Italie, la Pologne et la Hongrie restent critiques, mais ne disposent pas à elles seules d’une minorité de blocage. Rome pourrait finalement soutenir le texte, ce qui isolerait davantage Paris. Le gouvernement français continue de juger l’accord « inacceptable en l’état » et réclame des garanties sur les revenus agricoles et le respect des normes environnementales.

Sous pression, l’exécutif français multiplie les annonces. Paris promet notamment de suspendre l’importation de fruits et légumes contenant des résidus de pesticides interdits en Europe, une mesure soumise à l’aval de la Commission. Bruxelles affirme de son côté travailler à empêcher le retour de substances jugées dangereuses via les produits importés.

Soutenue par l’Allemagne et l’Espagne, la Commission européenne reste confiante. Pour elle, l’accord avec le Mercosur représente un levier économique stratégique face à la concurrence chinoise et aux barrières commerciales américaines. Sur le terrain, la contestation agricole ne faiblit pas et fait de ce dossier l’un des plus explosifs du début d’année européenne.

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