L’opposant algérien Fethi Ghares, figure emblématique de la gauche laïque, a été condamné à deux ans de prison ferme par le tribunal de Hussein-Dey pour « outrage au président de la République » et « propagation de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ». Il devra également verser une amende de 300 000 dinars.
Son avocat, Me Badi, a dénoncé une décision politique et a annoncé un recours en appel. Selon lui, les poursuites visent directement la liberté d’expression et le droit à la critique du pouvoir en place.
Fethi Ghares aurait été sanctionné pour des déclarations publiques jugées offensantes envers le président Abdelmadjid Tebboune, tenues lors d’une rencontre avec des journalistes où il critiquait les projets de révision de la loi électorale et des partis politiques.
Le militant n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. Il avait déjà été arrêté en 2024, avant l’élection présidentielle du 7 septembre, pour des propos similaires. Son parti, le Mouvement démocratique et social (MDS), interdit depuis février 2023, était l’un des principaux relais politiques du mouvement de contestation populaire du Hirak.
Cette nouvelle condamnation illustre le durcissement du régime face aux voix dissidentes et confirme la fragilité du pluralisme politique en Algérie, où la critique du président demeure un délit lourdement sanctionné.



