Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué le Fonds monétaire international devant les députés, affirmant que l’institution ne vise pas le développement de l’Afrique. Il estime qu’elle cherche plutôt à maintenir les pays africains « pauvres et sages ».
Face à l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement a dénoncé le poids d’une « dette odieuse » qui freine, selon lui, les économies du continent. Il a rapporté avoir échangé récemment à Addis-Abeba avec l’économiste américain Jeffrey Sachs, évoquant une convergence de vues sur la question de la dette africaine.
D’après Ousmane Sonko, l’Afrique n’a pas besoin d’annulation ni de restructuration, mais d’une plus grande marge budgétaire. Il a ainsi proposé un moratoire de 20 à 30 ans sur le service de la dette afin de permettre aux États de privilégier la croissance. Il a insisté sur le fait que le continent doit miser sur l’expansion économique plutôt que sur des politiques d’austérité.
Se projetant dans l’avenir, le Premier ministre a exprimé sa conviction que l’Afrique peut connaître une phase d’essor comparable à celle de la Chine dans les années 1980 ou de l’Inde au début des années 2000. Il appelle à viser une croissance interne d’au moins 10 %, avec des investissements soutenus dans les infrastructures et l’éducation.
Le chef du gouvernement estime enfin qu’un noyau de dirigeants africains déterminés peut impulser cette dynamique sans attendre l’adhésion de l’ensemble des 55 pays du continent.



