Donald Trump a annoncé vendredi la signature d’un décret instaurant un droit de douane mondial de 10%, en réaction à la décision de la Cour suprême qui a invalidé sa précédente politique tarifaire.
Selon la Maison Blanche, la mesure entrera en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours. Des exemptions sont prévues, notamment pour l’industrie pharmaceutique et pour les biens importés dans le cadre de l’accord États-Unis-Mexique-Canada. Les produits déjà soumis à des droits sectoriels ainsi que certaines importations canadiennes et mexicaines ne sont pas concernés.
Cette taxe vise aussi des partenaires commerciaux ayant conclu des accords avec Washington, dont l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. Avant cette annonce, le président américain avait vivement critiqué la décision de la Cour suprême, qu’il a qualifiée de « terrible ».
Les marchés financiers ont réagi positivement, avec des gains observés notamment chez des acteurs du commerce en ligne comme Amazon et Shopify. Du côté des partenaires des États-Unis, la réaction reste prudente.
Le président français Emmanuel Macron a estimé qu’il était « bien » qu’il existe des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans les démocraties, tout en appelant à une approche apaisée dans les relations commerciales.
La Cour suprême, par six voix contre trois, a jugé que Donald Trump ne pouvait pas invoquer une urgence économique pour justifier ses précédents droits de douane sans autorisation claire du Congrès. Le président de la Cour, John Roberts, a insisté sur cette exigence.
Des responsables démocrates, dont Chuck Schumer et Hakeem Jeffries, ont salué une décision favorable aux consommateurs et ont appelé le président à éviter toute mesure unilatérale. Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a indiqué que le Congrès et l’exécutif examineraient les prochaines étapes.
La décision judiciaire pourrait ouvrir la voie à des remboursements pour les entreprises ayant payé ces surtaxes, lesquelles ont rapporté plus de 130 milliards de dollars en 2025. Un juge dissident, Brett Kavanaugh, a toutefois averti que la question des remboursements pourrait provoquer des litiges prolongés.
Initialement instaurées en avril, les surtaxes visaient à réduire le déficit commercial américain et à générer des recettes pour l’État fédéral, avec plusieurs exemptions ajoutées par la suite pour certains produits.



