L’Algérie attire un nouvel acteur international dans l’exploitation de son phosphate. Après la Chine, l’Inde et Oman, l’Indonésie a signé un protocole d’accord avec Somiphos, filiale du groupe Sonarem, afin d’explorer des opportunités d’approvisionnement et de partenariat industriel autour du phosphate algérien.
Cet accord, conclu pour une durée de 18 mois, porte en priorité sur l’étude de l’approvisionnement du groupe public indonésien Pupuk Indonesia. Il s’appuie sur le gisement de Bled El Hadba, qui dispose de réserves estimées à 2 milliards de tonnes, dont un milliard exploitables. Les projections officielles tablent sur une production annuelle de 10 millions de tonnes dès l’entrée en service des unités de traitement et de transformation.
Le mémorandum prévoit également la réalisation d’études techniques et économiques, l’échange de données entre les parties et l’exploration de projets de coopération dans les premières phases de transformation du phosphate. L’objectif consiste à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire algérien, au-delà de l’exportation de phosphate brut.
Déjà présent sur les marchés internationaux, le phosphate de Bled El Hadba suscite un intérêt croissant. Le partenariat avec l’Indonésie ouvre la voie à de nouvelles perspectives industrielles et conforte l’ambition algérienne de s’imposer comme un acteur majeur du marché mondial des engrais.
Le développement de la filière phosphatée s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique. Le ministre d’État chargé de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a rappelé que ces partenariats contribuent au renforcement des industries de transformation, au soutien du secteur agricole et à la sécurité alimentaire.
En parallèle, d’autres projets structurants sont en cours. Avec le groupe omanais Souhail Bahwan, Sonatrach prépare l’extension du complexe d’Arzew, à Oran. Le site produit actuellement 4 000 tonnes d’ammoniac et 7 000 tonnes d’urée granulaire par jour. L’extension annoncée vise à accroître les capacités nationales et à consolider une demande locale déjà couverte intégralement par la production nationale.
Porté par des partenariats internationaux ciblés, le phosphate algérien s’affirme comme une ressource stratégique au cœur de la politique industrielle du pays.



