Côte d’Ivoire : le mobile money désormais reconnu par le fisc

 

Les paiements par mobile money bénéficient désormais d’une reconnaissance fiscale en Côte d’Ivoire. L’annonce a été faite à Abidjan-Plateau, au siège de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, à l’issue d’une session d’information consacrée à l’Annexe fiscale 2026.

Face aux acteurs du secteur privé, les responsables de la Cgeci ont présenté les principales innovations de la Loi de finances 2026. Parmi elles, la clarification du statut fiscal des règlements effectués via le mobile money, longtemps source d’incertitudes pour les entreprises.

Jusqu’à présent, l’administration fiscale assimilait ces transactions à des paiements en espèces. Cette interprétation entraînait des conséquences lourdes pour les entreprises, notamment le rejet de la déductibilité des charges supérieures à 250 000 FCFA au titre du Bénéfice industriel et commercial, ainsi que l’impossibilité de récupérer la TVA.

L’article 7 de l’Annexe fiscale 2026 met fin à cette ambiguïté. Désormais, le paiement par mobile money n’est plus considéré comme un règlement en espèces. Les entreprises peuvent donc justifier leurs charges d’exploitation et récupérer la TVA, même au-delà du seuil précédemment fixé.

Pour Marthe Kouaho Traoré, membre de la Commission juridique et fiscale de la Cgeci, cette mesure corrige une difficulté récurrente rencontrée pendant les contrôles fiscaux, alors même que le mobile money est devenu un outil central dans les transactions commerciales.

Cette réforme intervient dans un contexte de forte mobilisation des ressources publiques. Le budget de l’État pour l’année 2026 est arrêté à 17 350,2 milliards de FCFA, en hausse de 13,1 % par rapport à 2025. Les recettes fiscales attendues sont estimées à 8 193,2 milliards de FCFA, soit une progression de 14,6 %.

Si le Patronat ivoirien salue cette avancée qui facilite les échanges et accompagne la modernisation de l’économie, il exprime néanmoins ses réserves face à l’augmentation continue de la pression fiscale sur les entreprises formelles.

Dominique Taty, président de la Commission juridique et fiscale de la Cgeci, appelle à un élargissement de l’assiette fiscale et à une lutte plus efficace contre le secteur informel. Selon lui, ces leviers restent essentiels pour répartir plus équitablement la charge fiscale et préserver la compétitivité des entreprises structurées.

Cette rencontre ouvre ainsi une année 2026 décisive, marquée par la nécessité d’un dialogue renforcé entre l’État et le secteur privé afin de concilier exigences budgétaires et développement économique.

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