La Section des Comptes de la Cour suprême du Mali a publié en décembre 2025 un rapport d’audit définitif sur le financement public des partis politiques entre 2000 et 2024. Ce document analyse les règles légales, les montants alloués, la concentration des ressources et les limites du contrôle des fonds publics.
Le financement repose sur une disposition légale fixant à 0,25 % des recettes fiscales annuelles le soutien aux partis. La répartition se fait en quatre fractions : 15 % pour les partis ayant participé aux dernières élections et déposé leurs comptes, 40 % proportionnellement aux députés, 35 % aux conseillers communaux et 10 % en fonction du nombre de femmes élues.
Le rapport montre que trois partis principaux ont concentré la majorité des subventions : ADEMA-PASJ (5-7 milliards de FCFA), RPM (4-6 milliards) et URD (2-3 milliards). Les dix partis les plus financés captent près de 80 % du budget, laissant moins de 20 % aux autres formations. Certains partis peu connus, comme ADCAM, ont reçu des fonds grâce à un dépôt régulier de comptes, indépendamment de leur poids électoral.
L’audit révèle aussi des insuffisances dans la gestion financière : comptes non déposés ou incomplets, dépenses mal justifiées et inventaires patrimoniaux lacunaires. La suspension et dissolution de partis en 2025 a limité la vérification matérielle, compliquant le contrôle des fonds.
Ce rapport fournit un état détaillé et chiffré du financement public des partis maliens sur un quart de siècle, dans un contexte institutionnel en mutation.



