Bulgarie : le pays rejoint la zone euro et suscite enthousiasme et méfiance

 

 

En ce 1er janvier 2026, la Bulgarie devient le 21e pays à adopter l’euro, renforçant son intégration dans l’Union européenne. Ce passage de la monnaie nationale, le lev, à la monnaie unique intervient dans un contexte de scepticisme et d’instabilité politique, marqué par la démission du gouvernement et des manifestations anticorruption.

Les partisans saluent cette étape comme un symbole de transition vers une économie européenne moderne et espèrent que l’euro attirera davantage d’investisseurs et consolidera l’orientation occidentale du pays. Mais de nombreux Bulgares craignent une hausse des prix et une aggravation de l’inflation, qui s’établit à 3,7 %. Des sondages Eurobaromètre révèlent que près de la moitié de la population s’oppose à l’adoption de la monnaie unique.

Le gouvernement, qui a ramené l’inflation à 2,7 % en début d’année pour respecter les critères européens, obtient l’accord des dirigeants de l’UE. Mais le départ du cabinet laisse le pays sans budget pour 2026, ralentissant les réformes structurelles et l’utilisation des fonds européens. De nouvelles élections sont prévues au printemps, les huitièmes en cinq ans.

Les opinions restent partagées parmi les citoyens. Certains, comme Nevelin Petrov, voient l’euro comme une opportunité de prospérité et d’intégration européenne. D’autres, comme Darina Vitova, s’inquiètent des impacts sur le niveau de vie et les prix, même si elles apprécient la commodité de la monnaie unique pour les voyages dans les pays voisins.

La Bulgarie, avec 6,4 millions d’habitants, reste l’un des membres les plus pauvres de l’UE, avec un salaire mensuel moyen de 1 300 euros. L’adhésion à l’euro est également vue comme un outil pour limiter l’influence russe, selon des analystes, mais l’incertitude politique pourrait réduire l’effet positif sur l’investissement et la confiance internationale.

Sur le plan pratique, le lev et l’euro coexistent pour les paiements en espèces pendant le mois de janvier, avant que la monnaie unique ne devienne le seul moyen légal. Les économistes estiment que l’impact économique immédiat restera limité, le lev étant déjà indexé sur l’euro depuis 1999.

Shares: