Sur les terres de coton californiennes, à Los Banos, un robot autonome baptisé Element traque les mauvaises herbes à la houe miniature. Conçu par la start-up Aigen, ce robot fonctionne à l’énergie solaire et s’appuie sur l’intelligence artificielle pour identifier et extraire les végétaux indésirables, sans utiliser un gramme de pesticide.
Son objectif ? Réduire les intrants chimiques, pallier la pénurie de main-d’œuvre agricole et abaisser les émissions carbone. « Il imite les humains », résume Kenny Lee, cofondateur d’Aigen. « Et il s’arrête au coucher du soleil. »
Vendu 50 000 dollars pièce, un robot peut désherber jusqu’à 13 hectares. Plusieurs modèles sont déjà en activité dans des champs de tomates, betteraves et coton bio. Les exploitants, souvent réticents au mot « climat », parlent plutôt de « gestion des sols ». Qu’importe le vocabulaire : l’enjeu est le même.
À terme, Aigen veut équiper ses robots de nouvelles fonctions : semis, détection de nuisibles… mais la priorité reste le désherbage pour se tailler une place dans un secteur en transition.
L’entreprise, basée à Redmond, a intégré un programme d’Amazon Web Services dédié aux start-up à impact environnemental. « Nous voulons avoir un impact », affirme Richard Wurden, cofondateur. Un pari qui repose sur la montée de l’IA physique, nouvelle frontière de la robotique, capable d’interagir avec un monde réel et imprévisible.



