Le bilan des frappes de drones qui ont visé, lundi 19 octobre 2026, le marché d’Amiet, dans la région disputée d’Abyei, est passé de 53 à 153 morts. Ce nouveau bilan a été annoncé jeudi par Yohana Akol, ministre par intérim de l’Information de la zone administrative spéciale d’Abyei, qui a prévenu que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.
Selon les autorités locales, les victimes comprennent des ressortissants soudanais, sud-soudanais, éthiopiens et somaliens. Les frappes ont également détruit des dépôts de carburant, des magasins de marchandises et des véhicules.
Les autorités soudanaises, accusées d’être responsables de l’attaque, n’avaient pas réagi au moment de la publication de l’information. De son côté, le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Soudan afin de condamner fermement les bombardements.
À la suite des frappes, la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA) a déployé des forces de réaction rapide, des équipes médicales et des moyens de lutte contre les incendies pour porter secours aux victimes et maîtriser les foyers d’incendie.
Situé à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, Abyei fait l’objet d’un différend entre les deux pays depuis l’indépendance sud-soudanaise en 2011. Le marché d’Amiet constitue un important carrefour commercial pour l’approvisionnement du Kordofan occidental, une zone contrôlée par les Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagolo, dit Hemedti.
Depuis 2023, le Soudan est plongé dans une guerre entre les FSR et les Forces armées soudanaises (FAS), dirigées par le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane. Selon plusieurs organisations humanitaires présentes sur le terrain, le conflit a provoqué plus de 14 millions de déplacements et fait environ 200 000 morts.



