Sénégal : Human Rights Watch alerte sur la répression des personnes LGBT

Human Rights Watch (HRW) dénonce une multiplication des arrestations, des violences et des discriminations visant les personnes LGBT au Sénégal. Dans un rapport publié ce lundi 12 octobre 2026, l’organisation de défense des droits humains décrit une dégradation de leur situation depuis le durcissement de la législation sur l’homosexualité, adopté le 11 mars dernier.

Intitulé « Une répression brutale bafoue les droits des personnes LGBT », le document repose sur 39 témoignages. La réforme de l’article 319 du Code pénal sénégalais a porté de cinq à dix ans les peines de prison prévues pour les actes qualifiés de « contre nature ».

Selon la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), au moins 212 personnes ont été arrêtées depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, soit en un peu plus de six mois. Son secrétaire général évoque une hausse des détentions, des violences et des abus à l’échelle nationale.

Le rapport fait également état de difficultés pour les personnes mises en cause à bénéficier d’une défense juridique. Certains avocats subiraient des pressions de leur entourage, qui les dissuaderait de représenter des personnes accusées d’actes qualifiés de « contre nature ».

HRW rapporte aussi des atteintes aux droits des détenus. Des personnes auraient notamment subi des tests de dépistage du VIH sans avoir donné leur consentement éclairé. Un médecin cité dans l’enquête estime que cette pratique risque de décourager le dépistage volontaire et de compliquer la lutte contre le sida.

D’autres témoignages font état de violences physiques et d’exclusion en milieu carcéral. Un jeune homme arrêté à son domicile, à Thiès, affirme avoir été battu et fouetté, avec une blessure à la cuisse. À la prison de Rebeuss, à Dakar, des détenus LGBT auraient été écartés de certaines activités collectives, notamment la prière et l’accès au coiffeur.

Les conséquences psychologiques sont également signalées. Une psychologue de l’Université Cheikh-Anta-Diop indique que le nombre de ses consultations a triplé depuis mars. Ses patients souffriraient notamment d’anxiété et réduiraient leurs interactions sociales par crainte d’agressions.

La publication de ce rapport coïncide avec l’ouverture, ce lundi à Dakar, de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. HRW appelle au respect des droits fondamentaux garantis par la Constitution sénégalaise et invoque les protections prévues par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus à Dakar à la fin du mois, l’organisation rappelle également que la Charte olympique rejette les discriminations.

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