La Chine envisage de renforcer la protection sociale des travailleurs des plateformes numériques, notamment les livreurs de repas, les coursiers et les chauffeurs de VTC. Un projet de réglementation publié jeudi 8 octobre 2026 prévoit notamment de contraindre certaines plateformes à reconnaître officiellement leurs relations de travail avec ces employés et à leur proposer des contrats.
Le texte, soumis à consultation publique jusqu’au 8 novembre, cible les plateformes qui recrutent, organisent et encadrent l’activité des travailleurs. Il vise à limiter les pratiques qui consistent à les présenter comme des indépendants afin d’échapper aux obligations liées au contrat de travail.
Les nouvelles dispositions prévoient plusieurs garanties sociales. Les travailleurs concernés pourraient bénéficier du salaire minimum, d’une rémunération majorée pour les jours fériés ainsi que de périodes de repos adaptées. Le projet entend également encadrer les suspensions et les fermetures de comptes. Ces décisions ne devraient plus reposer uniquement sur des algorithmes, mais faire l’objet d’un examen humain.
Cette réforme concerne un secteur qui occupe une place importante dans l’économie chinoise. Selon un rapport du Centre de recherche sur les nouvelles formes d’emploi en Chine, le pays comptait 280 millions de travailleurs dits flexibles en 2025. Beaucoup disposent de protections limitées et effectuent de longues journées pour des revenus jugés modestes au regard du temps consacré à leur activité.
Les grandes entreprises du numérique, notamment Alibaba et Meituan dans la livraison de repas, ainsi que Didi dans le transport avec chauffeur, s’appuient sur cette main-d’œuvre. Dans certains secteurs, la concurrence entre plateformes et les guerres de prix exercent une pression sur les revenus des travailleurs.
En avril dernier, les autorités chinoises avaient déjà annoncé leur volonté d’améliorer l’encadrement juridique de l’économie des plateformes. Elles avaient fixé un objectif d’amélioration substantielle des conditions de travail sur une période de trois ans.
La consultation publique doit permettre de recueillir des observations sur le projet avant son éventuelle adoption. Sa mise en œuvre pourrait modifier les relations entre les plateformes numériques et des millions de travailleurs en Chine.


