La rhétorique de Donald Trump contre le Canada gagne du terrain parmi ses partisans. Réunis cette semaine à Dallas, au Texas, pour une convention républicaine organisée en marge des élections de mi-mandat, plusieurs participants ont repris les critiques du président américain contre son voisin du nord.
Lona Heins, une participante de 58 ans originaire du Tennessee, a notamment estimé que le Canada était devenu « communiste ». Elle a toutefois expliqué avoir longtemps considéré les Canadiens comme proches des Américains, notamment en raison de ses liens familiaux avec le Dakota du Nord et de son enfance dans le Dakota du Sud.
Selon elle, cette évolution de son opinion ne résulte pas directement du conflit commercial entre Washington et Ottawa. Elle a dit souhaiter un règlement du différend, tout en affirmant son soutien à Donald Trump.
Les tensions commerciales entre les deux pays se sont encore aggravées cette semaine. Mardi, le président américain a signé plusieurs décrets qui prévoient l’interdiction de certaines exportations canadiennes vers les États-Unis ainsi que des modifications des droits de douane. La plupart des importations d’alcool canadien et certains produits laitiers doivent notamment être interdits à la fin septembre.
Washington a aussi imposé des droits de douane de 50 % sur plusieurs produits canadiens. Ottawa a riposté avec des mesures tarifaires en début de semaine.
À Dallas, Trump a également évoqué son projet de rebaptiser le lac Ontario « lac de l’Amérique ». Il a par ailleurs affirmé que le Canada cherchait à conclure un accord commercial avec les États-Unis. Le président américain n’a toutefois pas mentionné le Canada dans son discours de jeudi.
Le sujet reste sensible à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. Dans le Michigan, le démocrate Abdul El-Sayed a notamment accusé la politique commerciale de Trump de pénaliser les habitants de l’État, en particulier à travers la hausse du prix de certains produits.
La popularité du Canada a par ailleurs reculé auprès des électeurs républicains. Selon un sondage Gallup publié en mars, 62 % des républicains avaient une opinion favorable du Canada en 2026, contre 85 % un an plus tôt.
Pour le politologue Matthew Lebo, cette évolution s’explique notamment par la forte fidélité des électeurs de Trump à leur président. Selon lui, une partie de ces électeurs adopte les positions du chef républicain sans nécessairement disposer d’une connaissance approfondie du différend entre les deux pays.
Cette perception contraste avec celle des électeurs démocrates. Environ 95 % d’entre eux continuent de porter un regard positif sur le Canada, selon le même sondage.
Les propos tenus lors du rassemblement illustrent aussi certaines méconnaissances de la politique canadienne. MaryAnn Miron a ainsi demandé aux Canadiens de « se débarrasser de Justin Trudeau », alors que celui-ci a quitté ses fonctions de premier ministre en 2025 au profit de Mark Carney. Informée de ce changement, elle a reconnu ne pas avoir suivi l’actualité canadienne.



