Une commission d’enquête nommée par le gouvernement de la Tanzanie a annoncé, ce jeudi 23 avril, un bilan de 518 morts à la suite des violences survenues lors des élections d’octobre et novembre 2025. Les troubles ont éclaté le jour du scrutin présidentiel et législatif, avant de dégénérer en affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité dans plusieurs régions du pays, notamment autour de Dar es Salaam.
Selon la commission dirigée par l’ancien magistrat Mohamed Chande Othman, les violences ont également fait 2.390 blessés, dont des policiers et des civils, ainsi que des enfants parmi les victimes. Le rapport précise que ce bilan reste susceptible d’évoluer.
La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a salué les conclusions de la commission, affirmant que les violences avaient été organisées par des groupes structurés, tout en rejetant les accusations de répression excessive.
De son côté, le principal parti d’opposition, Chadema, conteste fortement ces chiffres. Il évoque plus de 2.000 morts et accuse les autorités de vouloir minimiser l’ampleur des violences et d’étouffer les responsabilités.
Plusieurs organisations de défense des droits humains et diplomates étrangers avancent également des bilans bien plus élevés, allant jusqu’à 2.000 morts, et dénoncent des disparitions forcées ainsi que l’usage de la force létale.
La commission d’enquête reconnaît avoir reçu des signalements de disparitions, tout en affirmant que certaines allégations, notamment sur l’existence de fosses communes, n’ont pas été formellement établies à ce stade.
Ce rapport intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en Tanzanie, où les résultats du scrutin ont été largement contestés par l’opposition et des observateurs internationaux.



