Le tribunal administratif de Paris a reconnu la responsabilité de l’État français pour n’avoir pas élucidé les circonstances de la mort d’un tirailleur africain lors du massacre de Thiaroye en 1944.
Selon la décision, les autorités françaises ont transmis pendant des années des informations erronées à la famille du soldat. Elles n’ont pas non plus engagé les démarches nécessaires pour faire la lumière sur les conditions exactes de son décès ni sur le lieu de sa sépulture. La justice administrative retient ainsi un manquement au devoir d’information et de transparence.
Le tribunal a toutefois limité la réparation au seul préjudice moral, les faits étant juridiquement prescrits. En conséquence, un montant de 10 000 euros a été accordé au fils du tirailleur, à titre symbolique.
Le massacre de Thiaroye remonte au 1er décembre 1944. Des tirailleurs africains, revenus de la Seconde Guerre mondiale, réclamaient le paiement de leurs soldes. Ils ont été pris pour cible par l’armée française près de Dakar.
Pendant des décennies, les autorités françaises ont affirmé que le soldat concerné était un déserteur et que les tirs étaient justifiés. Ces versions ont été remises en cause. La France a ensuite reconnu, en 2019 puis en 2024, que le soldat n’était pas déserteur et qu’il était mort pour la France.
Cette décision judiciaire s’inscrit dans un contexte de reconnaissance progressive de cet épisode historique. En novembre 2024, le président français Emmanuel Macron a qualifié les événements de « massacre », marquant une évolution dans le discours officiel.



