Soutenance de Master à l’Uac (Bénin) : Jean-Théophile Oti analyse la sous-représentation des femmes dans les médias de Bohicon et décroche la mention Très bien

Le journaliste béninois Jean-Théophile Oti a soutenu son mémoire de Master en Genre et Gestion des projets de développement à l’Université d’Abomey-Calavi. La soutenance s’est tenue le lundi 16 mars 2026 à la Faculté des Sciences humaines et sociales (Fashs-Uac). Le candidat a obtenu la note de 17/20, assortie de la mention Très bien, qui  salue la qualité scientifique de son travail.

Intitulée « La sous-représentativité des femmes dans le milieu médiatique à Bohicon », la recherche s’inscrit dans le champ de la sociologie des médias et aborde une problématique liée aux dynamiques de genre dans l’espace public. L’étude examine les obstacles structurels et les discours stigmatisants qui expliquent la faible présence des femmes dans les médias locaux de cette ville du département du Zou.

Pour conduire son analyse, l’impétrant a adopté une méthodologie mixte en combinant des approches quantitative et qualitative. Des questionnaires structurés ont permis de recueillir des données auprès d’un échantillon composé de 62 % de femmes et 38 % d’hommes. L’enquête a également reposé sur des entretiens semi-directifs réalisés avec plusieurs catégories d’acteurs : des femmes journalistes actives, des femmes formées mais non engagées dans les médias, des responsables masculins de structures médiatiques ainsi que des leaders d’opinion communautaires.

L’analyse s’appuie notamment sur la théorie de l’agentivité située, la théorie des masculinités hégémoniques locales et celle des représentations sociales. Ces approches permettent de comprendre comment les femmes tentent d’exercer leur capacité d’action dans des environnements marqués par des contraintes sociales et professionnelles.

Les résultats mettent en évidence un déséquilibre persistant dans la participation des femmes aux activités médiatiques locales. Selon l’étude, 74 % des personnes interrogées reconnaissent que la présence féminine dans les médias de Bohicon reste inférieure à celle des hommes, tandis que 60 % estiment que l’accès aux postes de responsabilité n’est pas égalitaire. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. L’enquête identifie notamment le manque de formation technique, cité par 68 % des répondants, le coût élevé de la formation, évoqué par 52 %, la discrimination à l’embauche, mentionnée par 58 %, ainsi que l’insuffisance de réseaux professionnels pour les femmes, relevée par 61 %.

Au-delà des obstacles structurels, l’étude souligne également l’existence de discours stigmatisants qui freinent l’engagement féminin dans le secteur médiatique. Certains stéréotypes persistent dans les représentations sociales, associant parfois les femmes journalistes à des jugements moraux ou à l’idée qu’elles négligeraient leurs responsabilités familiales.

Ce travail de recherche a été réalisé sous la direction du professeur titulaire Charles Lambert Babadjidé, avec l’encadrement du co-directeur Yarou Guera Chabi Yoro, maître assistant des universités/CAMES. À l’issue de la soutenance, les membres du jury ont salué la pertinence du sujet ainsi que la rigueur de la démarche scientifique. « Le sujet est original et prend en compte la sociologie des médias. La méthodologie est appropriée avec des résultats d’actualité. Bonne soutenance », a indiqué le jury.

 

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