Voici les dernières évolutions économiques mondiales samedi 14 mars, au 15ᵉ jour du conflit au Moyen-Orient :
Menaces sur les infrastructures pétrolières
Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi soir 13 mars que les États-Unis avaient « complètement détruit » des cibles militaires sur l’île de Kharg, principal terminal pétrolier de l’Iran. Il a prévenu qu’il détruirait aussi les infrastructures pétrolières de l’île « si l’Iran, ou quiconque d’autre, venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d’Ormuz« .
« Toutes les installations pétrolières, économiques et énergétiques appartenant à des compagnies pétrolières de la région en partie détenues par les États-Unis ou qui coopèrent avec les États-Unis seront immédiatement détruites et réduites en cendres« , a menacé en retour le porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution iraniens.
Promesses américaines à l’Asie
Les États-Unis peuvent garantir à l’Asie-Pacifique, fragilisée par sa dépendance aux hydrocarbures du Moyen-Orient, des approvisionnements énergétiques « fiables« , a assuré samedi 14 mars le ministre américain à l’Intérieur, Doug Burgum, lors d’un forum réunissant à Tokyo 17 pays de la région.
Le Brent se maintient au-dessus de 100 dollars
Le prix du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a terminé vendredi 13 mars pour la deuxième séance d’affilée au-delà de 100 dollars.
Depuis le premier jour de conflit au Moyen-Orient, son cours s’est envolé de plus de 42%, passant de 72,48 dollars le 27 février – quelques heures avant les premières frappes américano-israéliennes en Iran – à 103,14 dollars vendredi 13 mars à la clôture.
Son équivalent américain, le baril de WTI, s’est envolé de plus de 47% depuis le début du conflit, à 98,71 dollars.
Donald Trump a déclaré vendredi soir 13 mars que la marine américaine allait commencer « très bientôt » à escorter des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Environ 20% de la production mondiale d’hydrocarbures transite par ce passage stratégique, pour le moment bloqué par l’Iran.
Inquiétudes sur le gaz
La question des prix du gaz inquiète davantage certains industriels que les cours du pétrole qui flambent, mais « pour le moment, ça tient » même si ça ne pourra pas durer éternellement, a déclaré vendredi 13 mars le ministre français délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, sur BFMTV.
Le prix du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a été propulsé par le conflit, atteignant un pic à 69,50 euros lundi 9 mars, un plus haut depuis janvier 2023.
Pas de panique boursière pour le moment
Les Bourses mondiales ont terminé en baisse vendredi 13 mars, plombées par la crainte d’une accélération de l’inflation, sans toutefois céder à la panique face à la flambée des prix du pétrole.
À New York, le Dow Jones a cédé 0,26%, le Nasdaq a reculé de 0,93% et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,61%.
Les indices américains ont connu un recul modéré depuis le début du mois : d’environ 3,6% pour le S&P 500 et 4,9% pour le Dow Jones, au plus bas depuis novembre.
Même dynamique en Europe : Paris a perdu 0,91%, Londres 0,43%, Milan 0,31% et Francfort a cédé 0,60%. Soit entre -5% et -7% depuis le début du conflit.
La situation sur les marchés n’est « pas si catastrophique » mais « peut dégénérer à tout moment« , estime Andrea Tueni, responsable des activités marché de Saxo Bank.
Le dollar au plus haut depuis août
Le dollar poursuit à l’inverse sa progression vendredi 13 mars, porté comme depuis bientôt deux semaines par le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole.
« L’aversion au risque reste le principal facteur déterminant de l’évolution des marchés à l’approche du week-end« , soulignent les analystes de Scotiabank.
Dans ces conditions, la devise américaine profite à plein régime de son statut de valeur refuge : vendredi 13 mars, le billet vert a pris 0,83% face à la monnaie unique européenne, à 1,1417 dollar pour un euro, un niveau plus vu depuis le mois d’août.
Il s’est aussi renforcé de 0,87% vis-à-vis de la livre sterling, à 1,3230 dollar.
Les taux obligataires grimpent
Le taux d’emprunt allemand à dix ans, référence européenne, a atteint 2,98%, contre 2,95% la veille en clôture, son plus haut depuis fin 2023.
Son équivalent français était de 3,67%, son niveau le plus haut depuis 2011. Avant le début du conflit en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Dans ce contexte, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) sera particulièrement scrutée par les investisseurs jeudi prochain 19 mars, tout comme celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) la veille.
L’or s’érode
Le cours de l’or a continué de s’éroder cette semaine, les investisseurs lui préférant le dollar comme valeur refuge.
Depuis le début du conflit il y a près de deux semaines, l’or a perdu près de 4,4% de sa valeur. L’argent, aussi traditionnellement considéré comme une couverture contre le risque, a chuté d’environ 15%.
Vendredi 13 mars, l’once d’or (31,1 g) évoluait à 5.018,67 dollars, contre 5.171,74 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
AFP/VNA/CVN



