Madagascar : dissolution du gouvernement 

Le président de la transition à Madagascar, le colonel Michael Randrianirina, a annoncé lundi 9 mars la fin des fonctions du gouvernement dirigé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. Cette décision, présentée comme conforme à la Constitution, intervient dans un contexte de transition politique fragile depuis le coup d’État d’octobre 2025.

La présidence a précisé qu’il ne s’agit pas d’une vacance du pouvoir exécutif, mais d’une recomposition institutionnelle. Un nouveau Premier ministre sera nommé prochainement, suivi de la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale.

La dissolution fait suite aux pressions de mouvements de jeunes se réclamant des « Gen Y et Gen Z », qui avaient dénoncé l’incapacité du gouvernement à assumer pleinement ses fonctions et mis en garde contre un risque de « désordre » dans le pays.

Cette transition est née de la crise politique de fin septembre 2025, déclenchée par des manifestations contre la vie chère, les pénuries et la corruption. La mutinerie partielle de l’unité CAPSAT en octobre a accéléré la chute de l’ancien président Andry Rajoelina, contraint à l’exil tout en revendiquant sa légitimité. Le colonel Randrianirina et ses alliés militaires ont alors pris le pouvoir et dissous plusieurs institutions clés, dont le Sénat et la Haute Cour constitutionnelle.

La transition malgache est sous pression internationale : l’Union africaine a suspendu Madagascar de ses instances, dénonçant un « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) exige une feuille de route claire pour le retour à l’ordre constitutionnel et l’organisation d’élections. Un plan de transition présenté en février 2026 reste critiqué pour l’absence de calendrier électoral précis.

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