
Invité de l’émission hebdomadaire Zone Franche diffusée sur Canal 3 Bénin, hier, dimanche 8 mars 2026, Basile Ahossi s’est prononcé sur plusieurs questions liées à l’actualité politique nationale. Au cours de cet entretien, il a notamment abordé les réformes engagées sous le régime du président Patrice Talon, la situation de la justice ainsi que le climat politique au Bénin.
D’entrée, l’invité de l’émission a tenu à clarifier sa position politique. Basile Ahossi affirme n’avoir adhéré à aucun parti. Selon lui, le débat politique ne devrait plus se limiter aux formations partisanes. Il rappelle avoir connu plusieurs partis qui ont marqué la vie politique béninoise, notamment le PDU, l’UDD et le PRD, avant de constater que ces formations ne structurent plus réellement le paysage politique actuel.
Pour l’ancien VP du parti d’opposition LD, les enjeux du moment dépassent les clivages entre partis. « Notre problème aujourd’hui n’est pas LD, ni le Bloc républicain, ni l’UPR, encore moins les petits partis qui gravitent autour », a-t-il déclaré. Il estime que l’urgence consiste plutôt à travailler à la construction d’une véritable nation.
Au cours de l’émission, Basile Ahossi a également livré son appréciation sur certaines réformes menées depuis l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon. Il reconnaît avoir déjà exprimé directement au chef de l’État ses réserves sur l’approche adoptée. Il la qualifie de « mitigée » et affirme ne pas y adhérer entièrement pour l’instant.
Selon lui, le climat politique a été marqué par trop de tensions ces dernières années. Dans cette perspective, il évoque le cas de plusieurs figures politiques impliquées dans des procédures judiciaires ou contraintes à l’exil. Basile Ahossi estime que certains objectifs politiques auraient pu être atteints sans l’emprisonnement de personnalités comme Joël Aïvo ou Reckya Madougou, ni l’exil d’acteurs politiques tels que Sébastien Ajavon et autres…
Interrogé sur la question de l’indépendance de la justice, l’invité de Zone Franche a livré une analyse plus large du rôle des institutions judiciaires. À ses yeux, la justice ne traite pas uniquement des affaires strictement juridiques. Il soutient que, dans de nombreux pays, y compris dans les démocraties développées, elle peut également intervenir dans des contextes politiques.
Malgré ces critiques, Basile Ahossi affirme ne pas condamner l’ensemble du système judiciaire béninois. Il reconnaît que certaines réformes, récentes, peuvent susciter de l’espoir. Toutefois, il s’inquiète de la situation des magistrats, qu’il juge insuffisamment protégés face aux pressions liées à leurs responsabilités.
Il plaide ainsi pour de meilleures conditions de travail pour les magistrats et pour des mécanismes capables de garantir leur indépendance. Le Coordonnateur national du Mouvement Ambassadeurs de Romuald Wadagni, s’est également prononcé sur le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. Il estime que la composition actuelle de cette institution n’est pas satisfaisante, considérant que des personnes extérieures au corps judiciaire y occupent une place trop importante au détriment des juristes et des magistrats…



