L’affaire des 18 supporters sénégalais interpellés après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 connaît un nouveau développement judiciaire au Maroc. Les faits remontent aux incidents survenus au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.
Les prévenus sont poursuivis sur la base des articles 267 et 302 du Code pénal marocain, relatifs aux violences envers des agents de la force publique et aux actes de violence lors de compétitions sportives. Les images diffusées montrent des franchissements de barrières, des heurts avec des stadiers et des échanges de projectiles, notamment des chaises.
Une version contestée des faits
La défense, assurée par Me Patrick Kabou, conteste l’idée d’une irruption volontairement violente. Selon lui, les incidents auraient débuté par un mouvement de foule lors d’un penalty décisif, provoquant une forte compression dans les tribunes. Des supporters auraient été « poussés » vers l’avant, franchissant la barrière pour éviter d’être écrasés.
L’avocat évoque également une incompréhension linguistique entre supporters wolophones et stadiers arabophones, affirmant que les fans cherchaient à obtenir du temps pour se dégager. Il soutient en outre qu’un geste d’un stadier — le lancer présumé d’une chaise — aurait déclenché l’escalade, transformant une tension en affrontement ouvert.
Un dossier sensible entre Dakar et Rabat
Depuis les interpellations du 18 janvier, l’affaire suscite une forte mobilisation au Sénégal, avec des mouvements de soutien et des prises de position publiques, notamment du footballeur Pape Matar Sarr.
Au-delà du sort judiciaire des 18 supporters, ce procès soulève des interrogations sur la gestion sécuritaire des grandes compétitions africaines et intervient dans un contexte encore marqué par les polémiques de la CAN 2025. La décision attendue pourrait avoir des répercussions symboliques importantes dans les relations entre le Sénégal et le Maroc.



