Gabon : suspension immédiate de tous les réseaux sociaux

 

 

Le Gabon se retrouve coupé du monde numérique. La Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné, ce mardi 17 février 2026, la suspension immédiate et totale de l’ensemble des réseaux sociaux sur le territoire national, invoquant des dérives menaçant la cohésion sociale et la sécurité nationale. Cette décision sans précédent marque un tournant répressif dans la régulation d’internet dans le pays.

Réunie à son siège de l’avenue de la Libération sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, la HAC a dénoncé la prolifération de contenus « inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux » sur les plateformes numériques, mettant en danger l’honneur des citoyens, la dignité humaine et la stabilité des institutions. Selon l’institution, ce type de mesures n’avait jamais été appliqué, même sous les précédents gouvernements Bongo.

La HAC a pointé du doigt certains « activistes » utilisant les réseaux sociaux pour mener des campagnes contre des personnes ou des institutions, ainsi que la cybercriminalité organisée. Le régulateur a cité plusieurs manquements graves motivant cette suspension : désinformation massive pouvant troubler l’ordre public ; diffusion d’injures et de propos diffamatoires portant atteinte à la réputation et à l’intimité ; cyberharcèlement ciblé et organisé ; divulgation non autorisée de données personnelles (doxing).

Les plateformes numériques elles-mêmes sont également mises en cause. Selon la HAC, elles n’assureraient pas une modération efficace de leurs contenus, laissant circuler des informations illicites et créant ainsi une « zone de non-droit » virtuelle.

Le régulateur a tenu à rappeler que la liberté d’expression reste un droit fondamental au Gabon, mais qu’elle ne peut s’exercer en violation des lois nationales et internationales. Estimant que l’impunité actuelle en ligne menace l’unité nationale et les acquis démocratiques, le gouvernement a opté pour cette mesure radicale. Des millions d’utilisateurs, médias et entrepreneurs sont ainsi plongés dans un silence numérique forcé jusqu’à nouvel ordre.

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